«M. David Lévy apprécie que les Etats-Unis aient usé de leur droit de veto pour bloquer la résolution déséquilibrée des Européens», a indiqué Freddy Eytan, porte-parole du chef de la diplomatie israélienne.
«L’ONU n’est pas un lieu approprié pour résoudre les litiges. Le recours à l’ONU est une régression, car Israéliens et Palestiniens disposent d’un cadre adéquat pour régler directement leurs litiges», a-t-il ajouté en réaffirmant la volonté d’Israël d’aller de l’avant sur la voie de la paix.
Le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères Eytan Bentsur a exprimé vendredi ses «sérieuses réserves sur l’attitude et les déclarations partiales des représentants européens (…) qui devraient user de paramètres acceptables dans les relations diplomatiques et entre Etats».
M. Bentsur a ajouté qu’Israël «devrait en conséquence reconsidérer la nature de l’implication future des Européens dans la recherche de la paix», et ainsi jeté le doute sur la poursuite de l’initiative de paix du représentant de l’Union européenne au Proche-Orient, l’ambassadeur Miguel Moratinos.
Le ministre palestinien des Collectivités locales Saëb Erakat a de son côté vivement condamné samedi le veto américain: «C’est un veto au processus de paix, qui est aussi un feu vert à la poursuite de la colonisation et de faits accomplis d’Israël», a-t-il affirmé.
«Cela prouve que les Etats-Unis traitent Israël comme un pays au-dessus des lois», a-t-il poursuivi en estimant que «cette attitude de deux poids et deux mesures porte atteinte au rôle de parrain du processus de paix des Etats-Unis et à leur crédibilité».
Le conseiller du président Arafat, Nabil Abou Roudena, a de son côté souligné que «le veto américain est contraire à la position américaine, considérant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens comme un obstacle à la paix».
Une source au ministère israélien des Affaires étrangères a estimé «que le veto américain a été présenté à la veille du voyage à Washington du président égyptien Hosni Moubarak, et devrait amener les Palestiniens à tempérer leur enthousiasme après la visite aux Etats-Unis de M. Arafat».
Cette même source a par ailleurs fait valoir que «l’attitude des Européens rappelle l’époque révolue des innombrables résolutions anti-israéliennes de l’ONU adoptées par une majorité automatique».
Elle a encore indiqué que «les Etats-Unis ont probablement usé de leur droit de veto parce qu’ils ont apprécié l’ampleur du prochain redéploiement militaire auquel le cabinet israélien a décidé de procéder, malgré le feu roulant des critiques d’un important courant radical de sa base électorale».
Pas moins de sept députés de la majorité pour un total de 66 sur 120 à la Knesset ont menacé de rejoindre l’opposition pour exprimer leur mécontentement à propos de ce qu’ils considèrent, de la part du premier ministre Benjamin Netanyahu, comme des entorses à l’idéologie traditionnelle de la droite israélienne (VOIR PAR AILLEURS).
Le premier ministre est en outre empêtré dans un scandale politico-judiciaire, à la suite de la nomination dans des conditions douteuses, en janvier, de l’avocat Ronni Bar-On, au poste de conseiller juridique du gouvernement.

