Lors d’une réunion à Vienne, les gouverneurs de l’AIEA ont décidé de tenir une session exceptionnelle, les 15 et 16 mai, pour adopter un protocole définissant les nouveaux pouvoirs de l’Agence atomique de l’ONU.
Dans un discours, dont des extraits ont été publiés, le directeur général de l’AIEA, Hans Blix, avait proposé lundi cette session exceptionnelle.
Ouvrant une réunion du Conseil des gouverneurs, le directoire politique de l’AIEA réunissant 35 des 124 membres de l’agence, il avait indiqué que des «progrès considérables» avaient été accomplis dans les derniers mois pour la mise au point du protocole.
Il avait estimé que la commission chargée de négocier et de rédiger le protocole pourrait achever ses travaux lors de sa prochaine réunion, prévue les 2 et 3 avril.
«Le texte est pratiquement prêt, il n’y a plus que quelques virgules et quelques points de détail», a indiqué une source.
Jugé indispensable par la communauté internationale pour freiner les ambitions de pays tels que l’Irak, l’Iran, la Libye et la Corée du Nord, le projet d’accorder des pouvoirs accrus à l’AIEA a suscité de nombreuses controverses depuis qu’il a été lancé en 1993.
Il fait suite aux découvertes par les inspecteurs de l’AIEA, dotés de pouvoirs exceptionnels par le Conseil de Sécurité de l’ONU après la guerre du Golfe (résolution 687 – 3 avril 1991), sur l’ampleur du programme nucléaire clandestin de l’Irak.
Des points ardus
Jusqu’à maintenant, l’AIEA reçoit des informations et vérifie par des inspections sur place uniquement les matières nucléaires (matières brutes et produits fissiles). La réforme permettra à l’AIEA d’avoir des informations et de pouvoir vérifier l’ensemble de la capacité de production nucléaire d’un pays.
L’agence aura ainsi désormais accès non seulement aux réacteurs en fonctionnement et aux sites de stockage des déchets mais aussi aux centres de recherche où ne se trouve aucune matière nucléaire, aux installations nucléaires n’étant plus en activité et aux usines qui fabriquent des produits susceptibles de servir à un programme nucléaire.
Elle pourra demander à voir des installations dont l’existence ne lui aurait pas été notifiée. Enfin, elle pourra faire des inspections avec un préavis très court, encore en discussion mais qui serait compris entre 24 et 48 heures, contre au moins une semaine en règle générale actuellement.
L’un des points les plus ardus de la négociation, qui devait initialement être achevée en 1995, a porté sur la question de savoir si les cinq pays dotés d’armes nucléaires (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne et Chine) prendraient également des engagements contraignants pour coopérer avec l’AIEA.

