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Actualités - Chronologie

L'Arménie durcit le ton en nommant le chef du Karabakh premier ministre

EREVAN, 21 Mars (AFP). — L’Arménie a pris le risque d’une nouvelle escalade dans le Caucase en nommant premier ministre le chef du Nagorny Karabakh, territoire à majorité arménienne en Azerbaïdjan voisin, estimaient vendredi les experts.
Robert Kotcharian, 42 ans, «président» du Nagorny Karabakh, a été nommé, jeudi, nouveau premier ministre de l’Arménie, par décret du président arménien Levon Ter-Petrossian, a indiqué le service de presse de ce dernier.
Cette décision revient à officialiser la sécession de fait du Nagorny Karabakh du reste de l’Azerbaïdjan à la suite d’une guerre très meurtrière (1988-1994), sous la conduite militaire de M. Kotcharian. Le territoire a tissé, depuis, des liens extrêmement étroits avec l’Arménie, dont il n’est séparé que par un couloir de quelques km.
Mais l’Azerbaïdjan continue de considérer ce plateau de 4.000 km2 comme partie intégrante de son territoire, et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) lui a largement donné raison lors de son sommet à Lisbonne en décembre dernier.
L’OSCE s’était alors prononcée, dans une annexe à la déclaration finale, en faveur de «l’intégrité territoriale» de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan et d’un «statut légal» accordant au Nagorny Karabakh «le plus haut degré d’autonomie au sein de l’Azerbaïdjan».
L’Azerbaïdjan a estimé que la nomination de M. Kotcharian comme premier ministre arménien violait ces principes, et «renforçait l’annexion d’une partie du territoire azerbaïdjanais».
Arméniens et Azerbaïdjanais négocient depuis des années, sans grand résultat, un accord à l’amiable sur le Nagorny Karabakh sous l’égide de l’OSCE. Les prochaines discussions sont prévues le 1er avril à Moscou.
Il n’est pas exclu qu’Erevan ait amorcé en fait une nouvelle politique, privilégiant l’unification avec le Nagorny Karabakh après avoir échoué à faire reconnaître ce territoire comme un Etat indépendant par la communauté internationale, estime de son côté Grair Karapetian, un des responsables du parti d’opposition arménien interdit Dachnaktsoutioun.
Le président Levon Ter-Petrossian a sans doute également cherché à renforcer sa position — affaiblie depuis sa réélection controversée le 22 septembre dernier — en appelant à ses côtés M. Kotcharian, selon le diplomate. Ce dernier est très populaire pour avoir «libéré», selon le point de vue arménien, le Nagorny Karabakh et sa population arménienne chrétienne du reste de l’Azerbaïdjanais musulman.
Considéré par Bakou comme un citoyen azerbaïdjanais, M. Kotcharian se revendique citoyen de la République du Nagorny Karabakh. Il n’a pas la citoyenneté arménienne mais la loi arménienne autorise des ressortissants étrangers à occuper des postes ministériels.
EREVAN, 21 Mars (AFP). — L’Arménie a pris le risque d’une nouvelle escalade dans le Caucase en nommant premier ministre le chef du Nagorny Karabakh, territoire à majorité arménienne en Azerbaïdjan voisin, estimaient vendredi les experts.Robert Kotcharian, 42 ans, «président» du Nagorny Karabakh, a été nommé, jeudi, nouveau premier ministre de l’Arménie, par décret du président arménien Levon Ter-Petrossian, a indiqué le service de presse de ce dernier.Cette décision revient à officialiser la sécession de fait du Nagorny Karabakh du reste de l’Azerbaïdjan à la suite d’une guerre très meurtrière (1988-1994), sous la conduite militaire de M. Kotcharian. Le territoire a tissé, depuis, des liens extrêmement étroits avec l’Arménie, dont il n’est séparé que par un couloir de quelques km.Mais...