L’eau douce risque de devenir une «denrée rare» au XXIe siècle, selon les experts des Nations Unies. «Un habitant du globe sur six est privé d’eau potable et cette situation ne peut que s’aggraver en l’absence d’une gestion très rigoureuse.»
Ce premier forum, organisé vendredi et samedi au Maroc par le Conseil mondial de l’eau, réunira des personnalités des cinq continents afin de dégager les grands axes d’une stratégie qui permettrait une meilleure utilisation de cette ressource vitale.
Un projet de «charte mondiale de l’eau» devrait être adopté.
Des décisions «urgentes» doivent être prises pour préserver et mieux gérer l’eau douce dans le monde, tout spécialement dans les pays en développement, selon le Conseil mondial de l’eau. Instance indépendante (basée à Marseille, sud de la France) rassemblant experts et organismes spécialisés, cet organisme a été créé en 1996 par la communauté internationale. Présidé par l’Egyptien Mahmoud Abu Zeïd, il est chargé de «mobiliser et de coordonner les actions à mener pour préserver et gérer » l’eau.
Six agences des Nations Unies, dont l’UNESCO, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le PNUE (environnement) et le PNUD (développement) participent à ce forum aux côtés des bailleurs de fonds (Banque mondiale et banques régionales de développement), groupes privés de l’eau et organisations non-gouvernementales (ONG).
Selon l’OMM et l’UNESCO, «les problèmes liés aux pénuries d’eau et à la pollution vont toucher pratiquement tous les habitants de la planète au cours des 50 prochaines années». Cette situation, affirment-elles, «risque d’entraîner une série de catastrophes locales et régionales et des confrontations pouvant conduire à une crise mondiale».
De 1950 et 1990, les besoins en eau ont doublé en Amérique du Nord, triplé en Afrique et quintuplé en Europe. La demande d’eau, essentiellement pour l’agriculture, s’accroît deux fois plus vite que la population du globe, qui devrait elle-même presque doubler d’ici à 2050.
L’eau douce d’accès facile ne représente que 0,26% de la masse d’eau du globe. Le reste se trouve sous forme salée dans les océans ou pris dans les glaces polaires. De plus, cette eau est d’un accès très inégal suivant les régions du monde et le réchauffement programmé du climat dû à l’effet de serre risque de rendre la situation encore plus critique, surtout dans les pays en développement.

