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Actualités - Chronologie

Albanie : Berisha reste au pouvoir avec le soutien implicite de l'opposition

TIRANA, 17 Mars (AFP). — Malgré les pressions des Etats-Unis, le président Sali Berisha a refusé de démissionner, soutenu implicitement par l’opposition albanaise qui craint que son départ avant les prochaines élections ne complique encore davantage la situation.
«Le départ de Berisha risque de nous faire entrer dans un cercle vicieux. Son départ poserait un problème légal et constitutionnel», a déclaré Preç Zogaj, l’un des responsables du parti de l’Alliance démocratique (opposition).
En outre, la télévision albanaise a annoncé l’amnistie, par le chef de l’Etat, du leader de l’opposition, le socialiste Fatos Nano.
Fatos Nano, condamné à 11 ans de prison en 1993 pour détournement d’une aide de l’Italie de 7 millions de dollars destinée à l’Albanie, avait quitté la prison centrale de Tirana jeudi à la faveur des troubles dans la capitale.
Il fait partie d’un groupe de 51 personnes amnistiées par le président qui n’avaient plus que de deux ans de peine à effectuer, selon la même source.
Cette amnistie constitue un geste de réconciliation du président à l’intention des socialistes (ex-communistes), ses adversaires avec lesquels il a été obligé de former un gouvernement sous la pression des Occidentaux.
L’opposition craint un vide du pouvoir en cas de départ du président albanais. Le Parlement déserté par la majorité de ses élus et toujours boycotté par l’opposition n’est en effet pas en mesure de lui élire un successeur.
Elle n’est sans doute pas non plus mécontente de partager avec le président la responsabilité de diriger le pays dans une situation qui va demeurer difficile jusqu’aux prochaines élections législatives, prévues au plus tard en juin prochain.
Le président Berisha, 52 ans, a annoncé samedi soir qu’il ne démissionnerait pas avant les élections, malgré les pressions de plus en plus fortes exercées par les Etats-Unis et alors que les rumeurs sur son départ imminent s’étaient répandues à Tirana et dans plusieurs pays étrangers.

Un travail de sape

Après cette déclaration présidentielle en forme de mise au point, les Etats-Unis ont affirmé qu’ils «n’exigeaient pas son départ» tout en estimant que sa crédibilité était très faible.
L’ambassadrice des Etats-Unis, Marisa Lino, est apparue à deux reprises à la télévision albanaise la semaine dernière pour manifester son soutien au nouveau premier ministre, le socialiste (ex-communiste) Bashkim Fino, sans même prononcer le nom du président.
«Après l’avoir porté au pouvoir, les Américains font un travail de sape contre Berisha», remarque un diplomate occidental, sans pouvoir expliquer les raisons de ce rejet.
Les Etats-Unis ont fortement appuyé Sali Berisha lors de sa première campagne électorale en 1992, et l’ambassadeur américain de l’époque, William Rayerson, est apparu à de nombreuses reprises à ses côtés dans les meetings électoraux.

Les relations entre Washington et Berisha ont commencé à se détériorer publiquement lors des dernières élections législatives de mai 1996, en raison des fraudes qui avaient marqué ce scrutin.

«Jusqu’aux prochaines élections, on ne peut pas se passer de Berisha, Bashkim Fino sait qu’il ne peut pas rétablir l’ordre en rajoutant un problème à une situation déjà difficile», ajoute ce même diplomate.

Le nouveau premier ministre est resté publiquement très prudent sur le sujet du maintien au pouvoir du président, renvoyant la question au chef de l’Etat lui-même et aux partis politiques.
Le parti au pouvoir mais aussi l’opposition sont sortis fragilisés de la crise albanaise face à l’explosion de violence que ni les uns, ni les autres n’ont pu empêcher.
«Le plus important actuellement est de respecter la légitimité des institutions car sinon on va créer un précédent dangereux pour l’avenir, la population va finir par croire qu’on peut tout obtenir avec des armes», conclut un intellectuel, le cinéaste Kujtim Cashku.
TIRANA, 17 Mars (AFP). — Malgré les pressions des Etats-Unis, le président Sali Berisha a refusé de démissionner, soutenu implicitement par l’opposition albanaise qui craint que son départ avant les prochaines élections ne complique encore davantage la situation.«Le départ de Berisha risque de nous faire entrer dans un cercle vicieux. Son départ poserait un problème légal et constitutionnel», a déclaré Preç Zogaj, l’un des responsables du parti de l’Alliance démocratique (opposition).En outre, la télévision albanaise a annoncé l’amnistie, par le chef de l’Etat, du leader de l’opposition, le socialiste Fatos Nano.Fatos Nano, condamné à 11 ans de prison en 1993 pour détournement d’une aide de l’Italie de 7 millions de dollars destinée à l’Albanie, avait quitté la prison centrale de Tirana jeudi...