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Actualités - Analyse

L'audiovisuel , un véritable feuilleton à rebondissements...

Mille fois l’on a cru que le dossier était pratiquement clos et qu’on n’en entendrait plus parler... Et voici que derechef, malgré l’adoption d’une loi-cadre il y a belle lurette déjà, l’audiovisuel met en émoi aussi bien la caste politique (qui d’ailleurs prend l’initiative de la nouvelle «bataille des libertés») que les milieux professionnels concernés.
On sait en effet que, dans le cadre de la dernière crise entre dirigeants, le président Nabih Berry a remis le feu aux poudres, en dénonçant le partage des licences entre pôles d’influence, reconnaissant qu’il avait eu lui-même le tort de participer à cette curée. Après quoi, pour amortir le coup, le président Rafic Hariri a laissé entendre qu’on peut élargir l’éventail des concessions accordées, augmenter le nombre (initialement limité à dix et à cinq) de radios et de télés qui auront droit de cité sur les ondes locales.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) planche donc en ce moment sur les 23 demandes renouvelées qui lui ont été présentées récemment et qui s’énumèrent comment suit:
— Quatre demandes pour des chaînes télé, à savoir la I.C.N.; la N.T.V., la «Manar» du Hezbollah; le pool groupant la C.V.N.; la «Machrek», la «Kilikia» et la T.V. Zahlé.
— Dix-neuf demandes pour les stations radio, dont la plus notable reste «La Voix du Liban» des Kataëb.
Le CSA — instance dont le rôle est purement consultatif et non décisionnaire — se voit impartir un délai de 45 jours pour communiquer ses conclusions et ses recommandations, après examen de la conformité des demandes de licence avec le cahier des charges techno-économiques imposé, au Conseil des ministres qui tranchera.
Sur le plan pratique, l’étude établie par Thomson limite l’accès de l’éther télévisuel à huit entreprises et conseille qu’on n’en autorise que cinq. Sur le plan radio, ce rapport estime que l’air hertzien local peut en prendre 18 mais recommande qu’on se limite à 15.

Satisfaction

toujours est-il que, «pour le moment, note une source ministérielle en se frottant les mains, on se montre plus souple du côté de médias... Ces turbulents meneurs d’opinion se rendent compte, après l’octroi de la première vague de licences, que l’épée de Damoclès reste suspendue au-dessus de leur tête et que le gouvernement est sérieusement déterminé à mettre de l’ordre dans leur domaine. On relève donc que les émissions à caractère polémique ou critique diminuent, que le ton se fait moins acerbe, qu’on sert moins l’opposition qu’avant, qu’on cloue beaucoup moins le premier ministre au pilori, qu’on ne parle plus à tout bout de champ de scandalite, de mauvaise gestion ou de mauvaise navigation politique... Ces télés, ces radios, adoptent désormais une attitude de modération et de sérieux, pour que le Conseil des ministres ne s’avise pas de les sanctionner, au besoin en leur refusant ou en leur retirant la licence...»
Et de rappeler que, «naguère, M. Hariri, très monté contre «La Voix du Liban», voulait absolument la supprimer, affirmant qu’elle menait systématiquement campagne contre lui. Il avait même lancé que, tant qu’il serait au Sérail, cette radio n’aurait pas de licence. Nous nous sommes donc rendu compte, au sein du gouvernement, combien les problèmes peuvent revêtir un caractère de ressentiment personnel et nous avons dès lors déployé des efforts pour que les parties intéressées adoptent un profil assez bas et cessent d’indisposer les puissants. Nos conseils semblent avoir été bien entendus et actuellement M. Hariri se montre tout à fait disposé à accorder de nouvelles licences. Mais il faut que les médias remplissent les conditions exigées, notamment celles qui leur impose d’être l’émanation d’une compagnie effectivement mixte, groupant des partenaires de diverses confessions et régions. Pour en revenir au cas de M. Hariri, il semble que ses proches l’aient convaincu que les attaques des médias locaux contre lui avaient peu d’importance et n’affectaient pas vraiment son image de marque, ni à l’intérieur ni à l’extérieur. Il ne leur accorde donc plus tellement d’importance et c’est ce qui explique l’indulgence qu’il manifeste désormais à leur égard...».
Mais il faut y voir aussi sans doute la nécessité de neutraliser par des concessions ce front dangereux rouvert par M. Berry...

Vers un
arrangement

Quoi qu’il en soit, les mêmes sources loyalistes indiquent qu’«outre les cinq télés autorisées (Télé-Liban, LBCI, Future, MTV et cette N.B.N. de Berry qui n’existe même pas encore), on va délivrer une licence au pool C.V.N. et une autre à une éventuelle fusion N.T.V. - I.C.N. La «Manar» du Hezbollah pose problème car elle refuse d’être assimilée à «Télélumière», affirmant que cette dernière peut être couplée à une autre chaîne religieuse et qu’elle-même est le porte-parole de la résistance, non d’une religion, ce qui à son avis lui donne droit à une licence à elle toute seule... On va sans doute finir par trouver un arrangement, même si au besoin on doit dépasser le chiffre de huit recommandé par Thomson», conclut cette source.
D’autant plus facilement qu’il existe, répétons-le, une télévision encore «virtuelle», la N.B.N. Son PDG n’est autre que le ministre de l’Economie (et du Commerce) M. Yassine Jaber. M. Nabih Berry possède 25% des parts mais affirme être prêt à céder ses actions en tout ou partie pour qu’on ne l’accuse plus de complicité dans un partage népotique des ondes hertziennes par les tenants du pouvoir.
Sur le plan des radios généralistes enfin, on ajouterait à la liste agréée «La Voix du Liban», «La Voix de la Patrie», «La Voix de la Montagne» de M. Walid Joumblatt ainsi que la station de radio relevant de la LBCI. Les entreprises disposant déjà d’une licence sont, rappelons-le, «La Radio du Liban Libre», «La radio du Futur», et la radio de la N.B.N de M. Nabih Berry. On va également autoriser un surcroît de radios de divertissement ne diffusant pas de nouvelles, une pour les Arméniens, une pour les musulmans, une pour les chrétiens et une musicale.

Ph.A.-A.
Mille fois l’on a cru que le dossier était pratiquement clos et qu’on n’en entendrait plus parler... Et voici que derechef, malgré l’adoption d’une loi-cadre il y a belle lurette déjà, l’audiovisuel met en émoi aussi bien la caste politique (qui d’ailleurs prend l’initiative de la nouvelle «bataille des libertés») que les milieux professionnels concernés.On sait en effet que, dans le cadre de la dernière crise entre dirigeants, le président Nabih Berry a remis le feu aux poudres, en dénonçant le partage des licences entre pôles d’influence, reconnaissant qu’il avait eu lui-même le tort de participer à cette curée. Après quoi, pour amortir le coup, le président Rafic Hariri a laissé entendre qu’on peut élargir l’éventail des concessions accordées, augmenter le nombre (initialement limité à...