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Actualités - Analyse

Le processus régional toujours dans l'attente d'Albright

Le président du Conseil, M. Rafic Hariri, lampant avec modération une coupe d’optimisme, se dit convaincu que, malgré les tensions que provoque la politique boute-feu de Netanyahu, il n’y aura pas de guerre dans la région. A son avis, «Netanyahu est bien plus un problème pour les Israéliens que pour les Arabes», Palestiniens compris. Mais il avoue «ne pas être en mesure de pronostiquer quelle solution sera apportée à ce problème: des élections législatives israéliennes anticipées ou la mise sur pied d’un Cabinet de coalition Likoud-travaillistes?...» Il faudra attendre pour voir, d’après le chef du gouvernement.
Autrement dit, impression confirmée par des sources diplomatiques arabes, rien de fondamental ne pourra se décanter avant que Madeleine Albright, mettant ses pas dans ceux de Dennis Ross, ne débarque dans la région. «Mais, dit l’un de ces diplomates, bien que Netanyahu continue ses provocations, l’Administration Clinton ne semble pas pressée d’intervenir directement. Elle préfère visiblement laisser les Européens lui préparer le terrain et voir comment l’initiative de Moritanos, qui propose «la paix moyennant la sécurité» sera accueillie par les différents protagonistes. Washington veut sinon qu’on lui tire les marrons du feu, du moins qu’on lui mâche le travail pour qu’au moment où il agira il puisse avoir les meilleures chances de son côté».
«Ce sang-froid U.S. est assez étonnant», estime le diplomate arabe pour qui, «plus le temps passe, plus on risque la confrontation irréparable. Car le défi de Netanyahu concernant la partie arabe de Jérusalem où il veut implanter ses colons est un véritable casus belli. Les nerfs de tout le monde sont mis à rude épreuve, sont à fleur de peau, comme le prouve l’assassinat des jeunes Israéliennes par un soldat jordanien. On a «rattrapé» cet effroyable incident qui met en cause la Jordanie, ce qui est une chance si l’on peut dire car cette partie n’est pas plongée avec Israël dans un conflit aussi aigu que les Palestiniens ou les Syriens. Qu’on imagine ce qui se passerait si un deuxième Baruch Goldstein massacrait des Palestiniens comme cela a failli se produire dernièrement à Hébron où un soldat israélien fanatique a lui aussi ouvert le feu sur la foule, ne faisant heureusement que des blessés. Netanyahu ne se contente pas de geler le processus, il multiplie les dangereuses provocations. L’on a beau savoir que la guerre est une «ligne rouge» strictement prohibée par les Américains, on ne peut s’empêcher de penser que toute escalade débouche sur l’inconnu et peut devenir incontrôlable».
Et de répéter que «les Américains doivent bouger avant qu’il ne soit trop tard. Pourquoi attendre alors que les démarches européennes — d’ailleurs ambiguës, car elles contournent les principes de Madrid — portant leurs fruits, d’autant que personne n’y croit, même pas les principales capitales de l’Union... En quoi une temporisation servirait-elle à lever le principal obstacle, à savoir cette voie du refus empruntée par Netanyahu pour qui tout «l’ancien système» auquel s’étaient ralliés «les pacifistes» Rabin et Pérès est maintenant révolu. L’actuel chef israélien ne cache pas du tout, bien au contraire, que les accords d’Oslo s’arrêtent à l’arrangement conclu sur Hébron et ne connaîtront pas cette fameuse «phase finale» qui en est la partie la plus importante puisqu’elle concerne le statut politique futur de l’entité palestinienne, le sort de la diaspora, les colonies et Jérusalem. De même du côté syrien, Netanyahu renie les engagements solennels pris par ses prédécesseurs travaillistes: plus question de restituer totalement le Golan et une éventuelle rétrocession partielle devrait être précédée d’un accord sur le dispositif de sécurité frontalière voire d’un traité de paix sans normalisation, qui serait donc un simple pacte mutuel de non-agression. Ces positions qui sont à mille lieues de la paix telle que les Américains, l’ONU et les Arabes la conçoivent, Netanyahu n’en démord pas et il les aggrave par ses initiatives sur le terrain, comme l’histoire des nouvelles implantations, à Jérusalem ou ailleurs. Il est donc plus que temps que l’Amérique se réveille...», conclut ce diplomate arabe dont on peut comprendre l’inquiétude: le camp arabe, toujours aussi épars, aurait bien du mal à contrer tout seul les visées de l’actuelle direction israélienne à laquelle l’arrêt de la normalisation relationnelle entamée du temps des travaillistes par des pays arabes ne fait ni chaud ni froid...

E.K.
Le président du Conseil, M. Rafic Hariri, lampant avec modération une coupe d’optimisme, se dit convaincu que, malgré les tensions que provoque la politique boute-feu de Netanyahu, il n’y aura pas de guerre dans la région. A son avis, «Netanyahu est bien plus un problème pour les Israéliens que pour les Arabes», Palestiniens compris. Mais il avoue «ne pas être en mesure de pronostiquer quelle solution sera apportée à ce problème: des élections législatives israéliennes anticipées ou la mise sur pied d’un Cabinet de coalition Likoud-travaillistes?...» Il faudra attendre pour voir, d’après le chef du gouvernement.Autrement dit, impression confirmée par des sources diplomatiques arabes, rien de fondamental ne pourra se décanter avant que Madeleine Albright, mettant ses pas dans ceux de Dennis Ross, ne débarque...