«Si j’étais à la place de Netanyahu et si je rencontrais des problèmes avec l’aile droite (de la coalition gouvernementale) et une opposition aux accords avec les Palestiniens conclus par les précédents gouvernements et entérinés par la Knesset, alors je leur dirais: je démissionne», a déclaré M. Moubarak dans une interview à la chaîne américaine PBS, dont le texte a été diffusé hier par l’agence égyptienne MENA.
«La paix se poursuivra avec ou sans Netanyahu», a-t-il ajouté.
Au journaliste qui lui demandait s’il sympathisait avec M. Netanyahu, qui a été critiqué par des membres de sa coalition lors des négociations sur le redéploiement militaire israélien à Hébron, en Cisjordanie, il a répondu: «La paix est plus importante que ce qui se passe au sein de la coalition» du premier ministre israélien.
«Il n’y pas que le roi Hussein qui était très en colère. Beaucoup de dirigeants de la région étaient très déçus», a-t-il souligné. «La question de Jérusalem est très délicate et j’insiste sur ce point», a-t-il ajouté.
Le roi Hussein avait envoyé une lettre acerbe à M. Netanyahu le 9 mars, dans laquelle il dénonçait sa décision de construire un nouveau quartier juif, Har Homa, dans le secteur oriental annexé de Jérusalem, et l’accusait de «détruire le processus de paix».
Par ailleurs, M. Moubarak a déclaré hier à la télévision égyptienne qu’Israël ne devait «pas être trop sûr de lui».
L’Etat hébreu «ne doit pas persister dans sa volonté de construire des colonies, car cela aura des répercussions très graves. J’insiste sur le mot grave, car ce qui se passe risque de tous nous affecter», a-t-il dit.
Pour sa part, le chef de la diplomatie égyptienne Amr Moussa a averti que son pays n’accepterait pas «les pressions sur les Palestiniens pour qu’ils acceptent, à n’importe quel prix et par le biais de n’importe quelle médiation, une paix aux conditions israéliennes».
Il s’exprimait à l’issue d’entretiens du président Moubarak successivement avec le vice-premier ministre roumain Calin Popescu Pariceanu, le chef de la diplomatie émiratie Rached Abdallah et le chef de la diplomatie arménienne Alexandre Arzoumanian.
«Israël n’a cure des pressions internationales pour des raisons connues», a-t-il dit, faisant allusion à l’appui financier que l’Etat hébreu reçoit des Etats-Unis.
Mais «en provoquant l’opinion publique arabe, en la défiant et en ignorant les principes (du processus de paix), Israël adopte une position de courte vue», a estimé M. Moussa.

