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Actualités - Chronologie

Le droit de vote aux immigrés relancé en Belgique

BRUXELLES, 11 Mars (Reuter). — L’émotion suscitée en Belgique par la découverte du corps de Loubna Benaïssa, une fillette marocaine victime d’un pédophile, pourrait déboucher sur l’octroi du droit de vote aux immigrés aux élections locales.
Le débat sur l’intégration des ressortissants des pays tiers à l’Union européenne, et principalement de la communauté musulmane de Belgique — 300.000 personnes, dont 140.000 Marocains — a été spectaculairement relancé par la tragédie.
Quelque 20.000 Belges et immigrés ont célébré ensemble samedi les funérailles quasi-nationales de Loubna, qui avait neuf ans au moment de sa disparition en août 1992.
Les manifestations de solidarité se sont multipliées depuis la découverte, mercredi dernier, de son cadavre en décomposition dans la cave d’un pédophile récidiviste connu de la police.
Le premier ministre Jean-Luc Dehaene a estimé que «le débat sur le droit de vote des immigrés pourrait être envisagé» et a prôné une réflexion sur l’ouverture de cimetières islamiques, dont l’absence en Belgique a obligé la famille Benaïssa à enterrer la petite Loubna à Tanger, dans le nord du Maroc.
S’il a été suivi par les écologistes et une partie des socialistes, tant du côté flamand que francophone, libéraux et sociaux-chrétiens sont beaucoup plus prudents, soulignant que l’octroi du droit de vote est lié à la naturalisation.
La question se posera pour les élections communales qui doivent se dérouler en l’an 2000 en Belgique.
Les partisans d’une intégration poussée des immigrés demandent que l’on mette à profit le processus de révision de la Constitution en cours pour répondre aux exigences du traité de Maastricht, qui prévoit l’octroi du droit de vote aux élections locales pour les ressortissants de l’UE.
Flio di Rupo, vice-premier ministre socialiste, a proposé que l’on fasse d’une pierre deux coups en généralisant la mesure à tous les immigrés, quelle que soit leur nationalité.
Mais les résistances pourraient être fortes.
La Belgique n’avait pas transposé en droit national les exigences de Maastricht à temps pour les élections communales de 1994 en raison de l’opposition des Flamands, qui craignaient que les étrangers européens ne votent surtout pour les partis francophones dans la périphérie de Bruxelles.
Les immigrés des pays tiers à l’UE étant dans leur immense majorité issus de pays francophones, une partie du monde politique flamand pourrait torpiller le projet de leur octroyer le droit de vote.
BRUXELLES, 11 Mars (Reuter). — L’émotion suscitée en Belgique par la découverte du corps de Loubna Benaïssa, une fillette marocaine victime d’un pédophile, pourrait déboucher sur l’octroi du droit de vote aux immigrés aux élections locales.Le débat sur l’intégration des ressortissants des pays tiers à l’Union européenne, et principalement de la communauté musulmane de Belgique — 300.000 personnes, dont 140.000 Marocains — a été spectaculairement relancé par la tragédie.Quelque 20.000 Belges et immigrés ont célébré ensemble samedi les funérailles quasi-nationales de Loubna, qui avait neuf ans au moment de sa disparition en août 1992.Les manifestations de solidarité se sont multipliées depuis la découverte, mercredi dernier, de son cadavre en décomposition dans la cave d’un pédophile...