«Nos voisins, les gouvernements de l’IGAD, ont très souvent tenté de discuter de la question soudanaise, mais en raison de l’intransigeance du régime actuel, ces tentatives (…) n’ont pas abouti», a déclaré M. Mehdi lors d’une conférence de presse dans la capitale kényane.
«Nous espérons que l’initiative de l’IGAD sera développée plus avant par l’implication d’autres forces régionales afin que le dossier (soudanais) occupe une place de premier plan» sur la scène internationale, a ajouté M. Mehdi, ancien premier ministre et leader du parti d’opposition Oumma.
L’IGAD regroupe Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, le Soudan et l’Ouganda.
M. Mehdi a estimé que l’expérience acquise par M. Mandela dans la résolution du conflit sud-africain serait essentielle pour la recherche de la paix et la mise en place de la démocratie au Soudan.
Le Soudan est en proie depuis 1983 à une guerre civile qui oppose le nord, arabo-musulman, au sud, à majorité chrétienne et animiste, où la guérilla est notamment menée par l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) de John Garang. Dans l’est du pays, Khartoum fait également face à une rébellion, alliée à la SPLA.
L’Alliance démocratique nationale (NDA) — qui regroupe plusieurs organisations, du nord comme du sud, opposées au régime de Khartoum — a lancé en janvier dernier une importante offensive pour renverser le régime islamiste.
Dans un communiqué publié par le journal arabe «al-Hayat», M. Mehdi a appelé ses partisans à se rendre dans l’est du Soudan pour renforcer l’offensive menée par les forces de l’opposition dans cette région.
Le chef de l’opposition, qui a fui Khartoum en décembre dernier pour gagner l’Erythrée, effectue une tournée dans les pays d’Afrique de l’Est pour expliquer sa position aux dirigeants régionaux.
M. Mehdi a déclaré qu’il avait rencontré le président kenyan Daniel Arap Moi, qui occupe actuellement le poste de président de l’IGAD, le président ougandais Yoweri Museveni, le président érythréen Issaias Afeworki et le premier ministre éthiopien Meles Zenawi.
Il a également indiqué avoir écrit à M. Mandela pour solliciter un entretien avec le chef d’Etat sud-africain.
Le leader de l’opposition a affirmé qu’un dialogue était engagé entre les partis de l’opposition du nord et leur principal allié du sud, la SPLA, sur les relations entre l’Etat et la religion, sur la citoyenneté et sur le système de santé au Soudan. Des compromis ont été trouvés sur toutes ces questions, a-t-il précisé.

