«Ces pays doivent sortir de leur silence et réclamer la vérité sur les rapports douteux présentés par le mercenaire Ekeus (Rolf Ekeus), qui visent à perpétuer l’embargo», écrit le quotidien «Al-Joumhouriya», réagissant à un rapport de M. Ekeus devant le Conseil de Sécurité.
Pour le journal, les trois pays, membres permanents du Conseil de Sécurité, «assument une grande responsabilité dans la reconduction des sanctions contre l’Irak, et il est de leur devoir de s’opposer au jeu infernal d’Ekeus, en lui demandant de présenter des preuves tangibles pour étayer ses accusations» contre Bagdad.
M. Ekeus avait accusé lundi Bagdad de continuer à cacher des armements biologiques et chimiques. Il avait notamment indiqué devant le Conseil de Sécurité que ses inspecteurs sur le terrain n’avaient pas pu prouver que l’Irak avait détruit 3,8 tonnes de gaz innervants mortels, l’agent VX, «le plus dangereux de tous les armements chimiques».
Bagdad affirme que «la totalité des 3,8 tonnes avaient été détruites en secret après la guerre du Golfe» en 1991, selon M. Ekeus.
Les sanctions imposées depuis six ans et demi à l’Irak pour son refus de se plier aux résolutions de l’ONU ont été reconduites lundi.
«Le silence de la France, de la Chine et de la Russie devant la reconduction des sanctions tous les deux mois, est complice», a ajouté le journal qui les a appelés à «trouver un autre mécanisme pour vérifier les rapports» de M. Ekeus.
Le quotidien «As-Saoura», organe du parti Baas au pouvoir, accuse de son côté le chef de l’UNSCOM de «mentir» et de faire des «déclarations politiques, qui n’ont rien à voir avec sa mission technique».

