RIO DE JANEIRO, 4 Mars (AFP). — L’Amérique latine est le continent le plus violent avec 140 assassinats sur 100.000 personnes au Salvador, 77 en Colombie et 25 au Brésil (contre 12,3 à New York et 6 à 7 en Europe), a déclaré M. Luis Ratinoff de la Banque Interaméricaine de Développement (BID).
«Dans ces pays, les coûts de la violence sont très élevés et la police ne réussit à défendre que des îlots de légalité», a indiqué M. Ratinoff, organisateur du séminaire sur la violence criminelle urbaine qui réunit des spécialistes en sécurité d’Amérique latine depuis dimanche.
«En Colombie, par exemple, 13% du PIB sert à combattre la criminalité, contre 5 à 6% aux Etats-Unis. Un million d’Américains sont en prison. Chaque détenu coûte en moyenne 25.000 USD par an, soit 25 milliards de USD au total. Cela reviendrait moins cher de les envoyer tous à Harvard», a-t-il dit.
«Il n’y aura pas de solution tant que les facteurs du crime ne seront pas réduits», a affirmé M. Ratinoff, expliquant qu’«à la violence structurelle s’ajoutent des facteurs qui l’amplifient (l’alcool, l’accès aux armes), la décision de devenir délinquant, liée au machisme, et des encouragements à la délinquance» (drogue, prostitution, blanchiment d’argent et corruption ou même télévision).
Il a cité l’exemple de l’actuel maire de Bogota (Colombie), M. Antanas Makus, qui a élaboré un programme pour réduire la consommation d’alcool dans la ville, le port d’armes et la violence domestique et a réussi à faire chuter la violence de 30%.
Le président du BID, M. Enrique Iglesias, a pour sa part déclaré que «la violence n’était pas une malédiction et qu’elle pouvait être combattue» comme le montre l’exemple de Rio de Janeiro où la criminalité est en baisse.


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