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Actualités - Reportage

Week end en musique Duo italien violon-piano de classe (photo)

Aux confins d’Antélias, au milieu des quelques rares orangeraies survivantes (eh oui, elles existent!) généreusement polluées par une autoroute surpassante, mais encore épargnées sur quelques arpents du délire du béton ambiant, se dresse cette nouvelle bâtisse qu’on désigne par le «Centre Démirdjian». Grâce au concours de l’Institut culturel italien et du Comité culturel Antranik Sevan, un concert de musique classique — duo de violon et piano — donné dans cette vaste salle flambant neuf avec ses boiseries aux tons beige clair et son immense baie vitrée avec vue dégagée sur la côte ainsi que sur les flancs des collines avoisinantes illuminées...
En droite ligne d’Italie, Maroc Fornaciari (violon) et Massimo Lambertini (piano) ont concocté un programme de rêve. Des œuvres de Bazzini, Mendelssohn, Bartholdi, Khatchadourian et Paganini dans les premières mesures des trois pièces en forme de sonate (op. 44) de Bazzini, le ton est à une narration feutrée qui se fait ensuite tourbillonnante, ponctuée par un clavier synchronisant avec de sautillants coups d’archets. Décidée, brillante, presque majestueuse, la sonate No 3 posthume de Mendelssohn. Ecriture soignée, lignes parfaitement dessinées, dosage minutieux de chaque élément où rien n’est jamais laissé au hasard, invention mélodique agréable sans la moindre stridence, voilà la voix suave, attachante de l’auteur du «Songe d’une nuit d’été».
Fiévreux par moments, profonds sans être pesants ou tragiques, nourris parfois d’un rêve printanier porté à une volubile effervescence, tels se présentent les trois mouvements (allegro vivace, adagio — molto vivace) de Bartholdi aux chromatismes lumineux et étourdissants. Après l’entracte, place au violon seul.
A-t-on jamais dit combien cet instrument sert les rêves douloureux des peuples qui ont subi les revers de l’histoire? Compagnon fidèle des tziganes, des nomades, de ceux qui ont connu «l’errance», le voilà toujours là pour exprimer la mélancolie, les sanglots, mais aussi les fêtes improvisées, les éclats de rire et le chant du rossignol... C’est un peu tout cela qui a surgi des accents nostalgiques empreints d’un lyrisme bien arménien de la «Sonate monologue» d’Aram Khatchadourian. Monologue émouvant telle une confidence murmurée à contre-jour... Soliloque lucide où les notes dansent tantôt avec la grâce des jeunes filles en robe de taffetas, aux longs cheveux tressés, tantôt avec la fougue des bergers bondissants sur de hauts plateaux battus par le vent...
Retour au duo violon et piano avec trois œuvres de N. Paganini fraîches, pétillantes, d’une remuante vivacité mêlant agitation et légèreté. Un «Cantabile», chantant comme un gazouillis... «La campanella» a fait résonner ce phrasé célèbre du violon marquant le temps et les souvenirs... Plus le «Carnaval de Venise», barcarolle et mystère des masques... Deux rappels retentissants ( un brillant «scherzo» de Brahms et du Bazzini) n’ont pu assouvir le public enchanté par cette performance où virtuosité et talent étaient faits de discrétion et d’élégance...

E. DAVIDIAN
Aux confins d’Antélias, au milieu des quelques rares orangeraies survivantes (eh oui, elles existent!) généreusement polluées par une autoroute surpassante, mais encore épargnées sur quelques arpents du délire du béton ambiant, se dresse cette nouvelle bâtisse qu’on désigne par le «Centre Démirdjian». Grâce au concours de l’Institut culturel italien et du Comité culturel Antranik Sevan, un concert de musique classique — duo de violon et piano — donné dans cette vaste salle flambant neuf avec ses boiseries aux tons beige clair et son immense baie vitrée avec vue dégagée sur la côte ainsi que sur les flancs des collines avoisinantes illuminées...En droite ligne d’Italie, Maroc Fornaciari (violon) et Massimo Lambertini (piano) ont concocté un programme de rêve. Des œuvres de Bazzini, Mendelssohn,...