\«Les développements en science génétique seront très soigneusement examinés», a indiqué M. Taylor dans un discours. «Je comprends l’inquiétude du public provoquée par les nouvelles techniques comme le clonage d’une brebis adulte, et notamment sur l’éventualité d’une telle expérience menée sur des humains».
«Il doit être clair qu’un large éventail de contrôles a été mis en place pour empêcher l’indésirable de devenir une réalité», a-t-il ajouté, se référant notamment à la Commission de conseil sur la génétique humaine (HGAC), créée récemment par le gouvernement.
Cette commission, dont la première réunion s’est tenue jeudi à Londres, a pour tâche «d’examiner les implications éthiques, sociales et économiques des développements dans la génétique», a indiqué M. Taylor. Des rapports sur ses travaux seront régulièrement publiés.
«Aussi longtemps que nous garderons un œil attentif sur la génétique et que nous encouragerons un débat complet et ouvert sur les nouvelles découvertes, nous pourrons largement rester optimistes», a dit le secrétaire d’Etat. «Ces recherches devraient aider à trouver les réponses à quelques-uns des mystères de la biologie».
De terribles
dangers
«La loi sur la fertilisation humaine et l’embryologie interdit formellement le clonage d’un humain», a-t-il rappelé.
Le professeur Colin Campbell, président de la HGAC, a estimé «qu’en ce moment, il n’est pas question de s’exciter sur le clonage humain, parce qu’il est interdit selon les lois de ce pays».
Mais «nous devrons voir si les lois et les restrictions en vigueur sont adéquates. Si elles ne le sont pas, nous pourrons demander au Parlement de légiférer», a ajouté M. Campbell sur la BBC.
«Avant tout, nous devrons dire la vérité. Dire quand il existe de formidables perspectives pour traiter des maladies, mais dire aussi quand il existe de terribles dangers».
«La science dans ce pays et ailleurs ne s’arrêtera pas. Nous ne pouvons pas l’arrêter. Nous essaierons de contrôler et de guider la science plutôt que de la laisser nous imposer ses solutions», a-t-il estimé.
De son côté, le secrétaire d’Etat à l’Agriculture Tony Baldry a estimé que le clonage du bétail permettrait un «élevage sélectif plus rapide, efficace et économique» d’animaux «mieux et plus rapidement adaptés aux changements de l’environnement».
«Le travail (sur Dolly) est entièrement lié à l’élevage et il me semble qu’il a été clairement dit que la législation interdisait tous travaux similaires sur les humains», a-t-il insisté.
Le succès du clonage de la brebis Dolly par une équipe de scientifiques écossais a semé le trouble dans le monde, poussant à réfléchir à d’éventuelles nouvelles législations sur le sujet. Le clonage humain est, en effet, illégal en Grande-Bretagne, mais ce n’est pas le cas dans d’autres pays.

