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Actualités - Chronologie

Tasga, en Amazigh

PARIS, 27 Février (AFP). – Dans les années 1939-1940, après des études à Bordeaux, le jeune Mokrane, natif de Tasga en Kabylie (Algérie), regagne «La Colline oubliée» de son enfance, où la population tente de vivre sur une terre belle mais ingrate, alors que plane la menace de la guerre.
Hommage du cinéaste kabyle Abderrahmane Bouguermouh à la culture et à la langue berbères, qui a suivi la trame du roman de son ami disparu, Mouloud Mammeri, grand défenseur de la langue «amazigh». «La Colline Oubliée» s’ouvre sur les retrouvailles de Mokrane, le «fils savant» de Ramdane, un paysan aisé, avec Menach, son ami, de retour du Maroc.
Dans son journal, Mokrane relate, au fil des saisons, la vie quotidienne de Tasga menacée par la misère, le typhus et la perspective d’être abandonnée aux vieillards, aux jeunes filles et aux enfants, suite à la mobilisation des jeunes gens.
Alors que le petit village accroché à un éperon rocheux où «la terre ne nourrit plus son homme» semble condamné à une mort lente, on y célèbre les noces de la fière Davda avec Akli, un être frustre et corrompu. Tandis que, selon la tradition, femmes et hommes font la fête en groupes séparés, Mokrane découvre que Menach son ami est amoureux de Davda, un fait puni de mort par la tribu.
Marié à la délicate Aazi qu’il aime tendrement, Mokrane éprouve beaucoup de difficultés à harmoniser les relations entre son épouse et sa mère hostile à la jeune femme et qui la voue au diable pour cause de stérilité. Avec le temps, il délaisse son épouse qui craint de le voir partir pour la guerre qui lui fera «oublier tout, jusqu’à Tasga».
Il aura fallu près de trente ans pour que le cinéaste Abderrahmane Bouguermouh, auteur de moyens métrages et de films documentaires, voit enfin son film, réalisé dans le massif des Djurdjura, sortir en langue berbère sur les écrans algériens et français, conformément à la promesse faite à son ami, Mouloud Mammeri.
Diplômé de la Sorbonne, à Paris, enseignant de berbère à l’université d’Alger, fondateur du Centre d’études et de recherches amazigh, Mouloud Mammeri est considéré comme l’un des plus grands écrivains algériens contemporains.
Selon Mustapha Saadi, avocat français d’origine kabyle, les travaux de post-production n’ont pu être réalisés qu’avec le concours de l’association des juristes berbères de France, d’amis français, de professionnels du cinéma et, surtout, celui de son frère Mohammed Saadi «qui a réuni les fonds nécessaires». «Déterminés à voir sortir le film dans de bonnes conditions, nous avons frappé à toutes les portes» afin de trouver un distributeur, confie-t-il aujourd’hui.
«Toute la Kabylie s’est mobilisée» pour que ce long métrage existe, précise Me Saadi. Parce que Mammeri est «né là-bas, à un moment très difficile de l’histoire de la région» (1917).
PARIS, 27 Février (AFP). – Dans les années 1939-1940, après des études à Bordeaux, le jeune Mokrane, natif de Tasga en Kabylie (Algérie), regagne «La Colline oubliée» de son enfance, où la population tente de vivre sur une terre belle mais ingrate, alors que plane la menace de la guerre.Hommage du cinéaste kabyle Abderrahmane Bouguermouh à la culture et à la langue berbères, qui a suivi la trame du roman de son ami disparu, Mouloud Mammeri, grand défenseur de la langue «amazigh». «La Colline Oubliée» s’ouvre sur les retrouvailles de Mokrane, le «fils savant» de Ramdane, un paysan aisé, avec Menach, son ami, de retour du Maroc.Dans son journal, Mokrane relate, au fil des saisons, la vie quotidienne de Tasga menacée par la misère, le typhus et la perspective d’être abandonnée aux vieillards, aux jeunes...