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Actualités - Chronologie

Droits de l'homme : les géants du pétrole sur la sellette

LONDRES, 27 Février (AFP). — Les grandes compagnies pétrolières font face à un nombre croissant de critiques, parfois par leurs propres actionnaires, sur leurs activités dans les pays où les droits de l’homme sont bafoués.
Contraintes d’aller chercher du pétrole dans des endroits de plus en plus risqués, des compagnies comme Shell, BP, Mobil ou Texaco ont récemment été accusées de collusion avec des groupes armés ou des régimes dictatoriaux, voire de menacer l’environnement des populations locales.
Un groupe d’actionnaires de Shell, mécontent de la façon dont le géant anglo-néerlandais s’est installé au Nigeria, gouverné par une junte militaire, veut rendre la compagnie plus responsable en matière des droits de l’homme.
Ce groupe de fonds de pension, appelé Pirc et représentant environ 1% du capital de la partie britannique de la compagnie, entend également améliorer l’image de Shell en matière d’environnement après l’épisode désastreux du Brent Spar.
Le projet de couler cette plate-forme en pleine mer avait entraîné en 1995 une virulente campagne de boycott en Europe par l’organisation écologiste Greenpeace.
Pirc déposera lors de la prochaine assemblée générale une motion afin de nommer un «Monsieur environnement et droits de l’homme» au sein de la direction.
Pirc voudrait aussi que le groupe réalise un audit externe sur l’activité de la compagnie en ces domaines sensibles et publie un rapport sur ses activités au Nigeria, où Shell a été accusé de collaboration passive avec la dictature militaire du général Sani Abacha.
La direction de Shell n’a pas encore répondu à ces propositions mais un porte-parole du groupe souligne qu’une étude interne, prochainement bouclée, passera en revue ces questions.
L’américain Mobil, lui, doit faire face aux manifestations de Survival, une association de protection des tribus indigènes, qui proteste contre les explorations de la compagnie au Pérou.
Survival estime que Mobil perturbe la vie de tribus indiennes dans le sud-est péruvien, dont certaines n’ont jamais eu de contact direct avec la civilisation moderne.

Endroits complexes

«Les compagnies pétrolières sont sensibles à leur image et n’aiment pas être critiquées», commente Richard Garside, responsable à Survival.
Survival, coutumier des campagnes contre les compagnies pétrolières, a déjà mis sur pied des manifestations contre Texaco pour ses activités en Equateur.
Ce type d’action peut «influencer les compagnies et leur faire modifier leur pratique», estime M. Garside.
Il est logique que les compagnies qui doivent aller chercher du brut dans des régions de plus en plus isolées voire risquées soient, plus régulièrement que d’autres, montrées du doigt.
Le britannique BP est critiqué pour la protection dont il bénéficie en Colombie de la part de militaires ou milices paramilitaires coupables d’exaction envers la population.
John Browne, directeur général du groupe, reconnaissait récemment que la Colombie était l’un «des endroits les plus complexes au monde». Mais la compagnie n’a pourtant pas l’intention de boucler ses valises et laisser intactes les énormes réserves pétrolières de la région.
Le Britannique entend certes «établir de bonnes relations avec la population locale» mais la sécurité des employés de BP reste son «souci le plus important», selon le responsable.
Et pour ce faire, le groupe doit s’assurer la protection de l’armée du pays contre la guérilla locale, payant même pour cela l’Etat colombien.
Pour l’expert pétrolier Julian Lee du groupe de recherche Centre for Global Energy Studies, les compagnies sont en train de prendre conscience du poids croissant des questions des droits de l’homme et prennent «de plus en plus de précautions» pour s’assurer que leurs noms ne soient pas entachés par un épisode sanglant de telle ou telle dictature.
LONDRES, 27 Février (AFP). — Les grandes compagnies pétrolières font face à un nombre croissant de critiques, parfois par leurs propres actionnaires, sur leurs activités dans les pays où les droits de l’homme sont bafoués.Contraintes d’aller chercher du pétrole dans des endroits de plus en plus risqués, des compagnies comme Shell, BP, Mobil ou Texaco ont récemment été accusées de collusion avec des groupes armés ou des régimes dictatoriaux, voire de menacer l’environnement des populations locales.Un groupe d’actionnaires de Shell, mécontent de la façon dont le géant anglo-néerlandais s’est installé au Nigeria, gouverné par une junte militaire, veut rendre la compagnie plus responsable en matière des droits de l’homme.Ce groupe de fonds de pension, appelé Pirc et représentant environ 1% du capital de...