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Actualités - Chronologie

La mort de Deng pourrait raviver le séparatisme Ouigour

MOSCOU, 25 Février (Reuter). — Les séparatistes ouïgours pourraient mettre à profit la situation provoquée par la mort de Deng Xiaoping pour accroître leurs pressions sur Pékin, a affirmé l’un de leurs représentants en exil en Russie.
«On pense généralement que la mort de Deng va entraîner une lutte pour le pouvoir au sein de l’élite chinoise. Si c’est effectivement le cas, le mouvement indépendantiste au Turkestan va s’intensifier», estime Sargari Tarym, responsable de l’Association des Ouïgours de Russie (OUAR).
Peuple turcophone de confession musulmane, les Ouïgours constituent la principale ethnie du Xinjiang, vaste territoire de 1,6 million de kilomètres carrés, situé dans le nord-est de la Chine et théâtre de sanglantes émeutes au début du mois.
Annexés en 1750, les Ouïgours se sont soulevés à plusieurs reprises contre les autorités chinoises, réussissant parfois, comme à la fin du XIXe siècle, à entraîner les autres musulmans de l’empire dans leur lutte contre le pouvoir central.
Nombre d’entre eux ont pris le chemin de l’exil et vivent aujourd’hui au Kazakhstan, en Ouzbékistan et en Russie. Ils sont quelque 200.000 à avoir trouvé refuge en ex-Union Soviétique.
Selon les sources, ils seraient entre neuf et 20 millions à vivre en Chine.
Selon un responsable du comité de surveillance des droits de l’homme en Asie centrale, la situation au Xinjiang «rappelle le début de la «perestroïka», lorsqu’on s’est mis à parler d’autonomie pour les républiques soviétiques».
«L’élite politique locale commence à être sensible aux slogans séparatistes. Je pense que d’ici cinq à sept ans, on suivra les événements du Xinjiang avec autant d’attention que ceux d’Afghanistan aujourd’hui», estime Vitali Ponomariov.
«Depuis deux ou trois ans, les organisations clandestines ouïgoures se sont multipliées dans la région. On peut parler aujourd’hui d’une véritable opposition organisée», ajoute-t-il.
Les Ouïgours estiment que les Hans ont renforcé leur répression contre le séparatisme local après la signature, le 26 avril 1996, d’un accord sur le renforcement des mesures de confiance le long de la frontière entre la Chine et l’ex-URSS.
Ce document a été signé à Shanghai par les présidents chinois, russe, kazakh, kirghiz et tadjik.
Selon Sargari Tarym, les quatre ex-répuliques soviétiques se seraient engagées, par cet accord, «à extrader vers la Chine tous les Ouïgours qui recherchaient à se refugier chez elles».
Un responsable du ministère russe des Affaires étrangères a démenti ces propos.

Rumeurs de troubles

«Après la signature de ce document, les autorités chinoises ont lancé au Turkestan oriental une politique de terreur sans précédent depuis la Révolution culturelle», lit-on dans un communiqué de la communauté ouïgoure en exil en Russie.
«D’après nos estimations, quelque 5.000 personnes ont été arrêtées en l’espace de deux semaines. Plus de trente personnes ont été fusillées sans jugement», selon ce texte.
Selon ce communiqué, la vague de protestations qui a suivi ces arrestations aurait fait 680 morts et un millier de blessés parmi la population locale. Quelque 500 policiers et militaires chinois auraient également été tués ou blessés.
Officiellement, le heurts du début du mois à Yining ont fait neuf morts et 198 blessés.
Les Ouïgours estiment que ces affrontements ont fait plus de 200 morts et un millier de blessés. Selon eux, quelque 2.000 personnes ont été arrêtées.
«Les Chinois reconnaissent eux-mêmes que ces troubles sont les plus importants depuis 1949», souligne Sargari Tarym.
Selon lui, l’arrestation de jeunes activistes ouïgours, dans la nuit du 4 au 5 février, aurait servi de détonateur.
«Le lendemain, la police chinoise a dispersé, à l’aide de matraques et de chiens, quelque 500 personnes rassemblées Place de la jeunesse pour demander leur libération. Après quoi, la population est descendue dans la rue et les troubles ont commencé, provoquant la mort de 28 Ouïgours et 55 policiers».
«Le 6, une trentaine de personnes ont été exécutées en place publique», ajoute Sargari Tarym, précisant que «7 ou 9 personnes», arrêtées et maintenues en détention par -20°C, sont mortes de froid après avoir été aspergées d’eau glacée.
Le 7, la police et les parachutistes auraient dispersé une nouvelle manifestation, faisant 165 victimes parmi la foule.
Selon Sargari Tarym, les autorités chinoises ont ensuite procédé à des arrestations dans d’autres villes du Xinjiang, fermant mosquées et écoles coraniques.
Pékin assure aujourd’hui avoir réprimé la contestation.
«Avant que la population ouïgoure redescende dans la rue, il faut qu’elle panse ses plaies», confirme Sargari Tarym.
Selon certaines informations, un groupe de jeunes armés poursuivrait la résistance dans les montagnes.
«On parle également d’une attaque contre un camp dans le sud du Xianjiang et de la mort de 168 militaires chinois. Nous sommes en train de vérifier ces informations», ajoute-t-il.
MOSCOU, 25 Février (Reuter). — Les séparatistes ouïgours pourraient mettre à profit la situation provoquée par la mort de Deng Xiaoping pour accroître leurs pressions sur Pékin, a affirmé l’un de leurs représentants en exil en Russie.«On pense généralement que la mort de Deng va entraîner une lutte pour le pouvoir au sein de l’élite chinoise. Si c’est effectivement le cas, le mouvement indépendantiste au Turkestan va s’intensifier», estime Sargari Tarym, responsable de l’Association des Ouïgours de Russie (OUAR).Peuple turcophone de confession musulmane, les Ouïgours constituent la principale ethnie du Xinjiang, vaste territoire de 1,6 million de kilomètres carrés, situé dans le nord-est de la Chine et théâtre de sanglantes émeutes au début du mois.Annexés en 1750, les Ouïgours se sont soulevés à...