Des médecins et des infirmières d’une clinique voisine — certains en tenue d’opération et portant des masques chirurgicaux — étaient descendus dans la rue avec des patients en fauteuil roulant, emmitouflés dans des couvertures pour lutter contre le froid.
Au passage du cortège, le silence s’est fait parmi la foule, certains spectateurs ne pouvant retenir leurs larmes à la pensée du vieux patriarche qui a sorti la Chine de son sous-développement et apporté la prospérité à plusieurs centaines de millions de Chinois.
«C’est un jour difficile», a déclaré un jeune Pékinois d’une vingtaine d’années, arrivé à 7h. avec un appareil photo avec l’espoir de filmer la procession.
Grandir avec Deng
«J’ai grandi avec Deng et je continue à penser qu’il est dommage qu’il ait raté la restitution de Hong Kong», a-t-il dit.
Deng avait promis de se rendre dans la colonie britannique pour assister à cet événement historique le 1er juillet.
Beaucoup de Pékinois avaient emmené leurs enfants, juchés sur leurs épaules, tandis que d’autres avaient escaladé des arbres pour avoir une meilleure vue.
«Mao a aidé le peuple à se lever, mais Deng nous a enrichis», a commenté un des nombreux ouvriers venus du complexe sidérurgique voisin de Shougang.
Même les étudiants de l’université de Pékin, foyer de contestation lors des manifestations du printemps 1989, avaient tenu à saluer une dernière fois le vieux dirigeant, a affirmé la Radio centrale de Chine.
Selon elle, des étudiants avaient accroché une banderole noire de 20 mètres de long proclamant: «Une fois de plus, nous te disons bonjour, Xiaoping», reprenant le slogan «Bonjour Xiaoping», utilisé par les étudiants, lors de la fête nationale du 1er octobre 1984, à l’époque où la popularité du numéro un chinois était à son zénith.
Moins de cinq ans plus tard, dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, Deng Xiaoping envoyait les chars écraser le mouvement des étudiants massés sur la place Tiananmen.


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