Ce soutien de l’armée la plus grande du monde est crucial pour Jiang Zemin, qui cumule les postes de chef de l’Etat, du Parti et de l’Armée, mais ne peut faire valoir aucun passé militaire à la différence de son prédécesseur, décédé mercredi à l’âge de 92 ans.
Les trois départements clés de l’APL ont affirmé vouloir transformer leur chagrin en «force» et se sont engagés à «se rassembler étroitement autour du Comité central du Parti communiste et de la Commission militaire avec en leur centre Jiang Zemin», a rapporté l’agence Chine Nouvelle.
«Les trois départements s’engagent à obéir fermement à la direction du Comité central et de la Commission militaire et d’assurer l’unité de l’armée», a indiqué l’agence.
Deng Xiaoping, qui a eu de brillants états de service pendant la guerre anti-japonaise et la révolution contre les Nationalistes du Kuomintang, a abandonné son dernier poste officiel en tant que président de la Commission militaire en 1990.
Deng avait auparavant été dans les années 70 chef d’état-major général de l’Armée.
L’actuel chef d’état-major général, Fu Quanyou, a déclaré que son département allait «transformer le chagrin en force, appliquer strictement les ordres et les instructions du Comité central et de la Commission militaire», sous la direction de Jiang Zemin.
Yu Yongbo, directeur du Département politique général de l’APL, a affirmé que la nation était «submergée de tristesse» après la mort de Deng et s’est engagé à préserver l’unité de l’armée, forte de quelque trois millions d’hommes.
«Il a déclaré (...) que son département restera fidèle à la théorie de Deng et ne changera jamais sa décision de maintenir la stabilité et l’unité des forces armées», a rapporté l’agence.
Le directeur du Département général de logistique de l’APL, Wang Ke, a également appelé à la poursuite de la politique de Deng et a fait acte d’allégeance au parti et au gouvernement.
Deng, l’architecte du «miracle» économique chinois, est parvenu au sommet du pouvoir en 1978 et a réussi en moins de 20 ans à sortir la Chine de son sous-développement et à en faire l’une des grandes puissances économiques du monde.
L’armée a elle aussi profité de cette nouvelle prospérité et est aujourd’hui à la tête d’un empire de plus de 20.000 entreprises allant des transports aux mines de charbon, aux hôtels, restaurants et boîtes de nuit, en passant par l’immobilier et même les fabriques de glaces. Ses officiers roulent dans de luxueuses limousines et selon certaines estimations, ses revenus commerciaux seraient équivalents à son budget annuel, soit environ six milliards de dollars.
L’APL est devenue un véritable Etat dans l’Etat dont le poids va peser très lourd dans l’ère de l’après-Deng, estiment les analystes.
Jiang Zemin, 70 ans, en est conscient et s’est efforcé au cours des dernières années de répondre aux demandes des chefs militaires en matière d’achats d’armes et de modernisation de l’armée, afin de s’assurer leur soutien.
Samedi, l’armée a dépêché pour la première fois dans son histoire trois navires de guerre de l’autre côté du Pacifique, confirmant sa volonté de créer une marine de haute mer capable de transporter des troupes loin des côtes chinoises.

