Le tribunal de district de Jérusalem a confirmé cette semaine un jugement en première instance contre M. Moshé Arenfeld qui, en 1995, avait craché par terre près d’une croix portée par des prêtres arméniens près du Saint-Sépulcre dans la vieille ville de Jérusalem.
M. Arenfeld, comme beaucoup d’ultra-orthodoxes, pensait accomplir une bonne action en se conformant à une antique tradition juive destinée à manifester le rejet de la religion chrétienne.
La cour a confirmé la peine de deux mois de détention avec sursis assortie d’une amende de 250 dollars US qui avait été décidée en première instance contre M. Arenfeld, a indiqué M. Mosché Goralli, porte-parole des tribunaux israéliens.
M. Arenfeld avait interjeté appel en arguant que la loi juive «permet de cracher quand une croix passe par là».
Mais le tribunal a estimé que le grand nombre de religions et confessions représentées en Israël «impose de faire preuve de sensibilité envers les différentes composantes de la population du pays».
M. Menahem Friedman, professeur de sociologie à l’université Bar-Ilan de Tel-Aviv, a expliqué que le fait de cracher devant la croix, en principe discrètement, était une vieille tradition chez des juifs européens même si elle n’était écrite nulle part dans la loi juive.
La justice a voulu montrer que la situation des juifs dans les siècles passés en Europe, où ils étaient souvent confrontés à l’antisémitisme, n’avait plus rien à voir avec celle de l’Etat d’Israël où ils sont en position dominante, a estimé M. Friedman.
«Le tribunal a dit: «Cessez de vous comporter comme des juifs à Vienne et agissez comme des juifs qui vivent en Israël», a-t-il dit.

