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Actualités - Chronologie

Paris souhaite une offre commune sur Thomson

PARIS, 20 Février (Reuter). — Le gouvernement souhaite que la privatisation de Thomson CSF intervienne d’ici l’été et encourage les candidats à proposer une offre de reprise commune, déclare-t-on de sources gouvernementales. «La balle est dans le camp des industriels. C’est à eux de voir s’ils sont prêts à présenter une offre commune», ajoute-t-on.
Le gouvernement a annoncé mercredi matin sa décision de privatiser Thomson CSF par une procédure de cession de gré à gré avec cahiers des charges et non par offre publique de vente.
«L’objectif du gouvernement est que la privatisation soit effective dans le courant de l’été», explique une autre source, proche du ministère de l’Economie et des Finances.
Les candidats à la reprise de Thomson — le groupe Lagardère d’une part et Alcatel Alsthom d’autre part, désormais associé à l’Aérospatiale et au groupe Dassault — s’étaient prononcés en faveur du gré à gré.
Dans son communiqué, le gouvernement se dit «ouvert à la participation des acteurs industriels français et européens du secteur, à la construction par étapes autour de Thomson CSF, d’une grande entreprise d’électronique de défense».

Au gouvernement, on précise que, dans l’hypothèse où les différents candidats se mettraient d’accord pour présenter une offre commune, celle-ci devrait respecter l’intégrité du groupe Thomson-CSF. L’objectif, rappelle-t-on, est de constituer «autour de Thomson» un pôle industriel d’électronique professionnelle et de défense de taille mondiale.
«Il ne faut pas que ce soit un accord pour dépecer Thomson», souligne-t-on.

«Quelqu’un qui
décide»

Le groupe Alcatel a rappelé mercredi qu’il était opposé à une solution qui consisterait à partager le pouvoir avec son adversaire Lagardère dans le tour de table.
«Il n’est pas sûr qu’un Yalta ait un sens industriel. Il faut aussi éviter de paralyser une entreprise et d’avoir un actionnariat où il y a trop de conflit. Il faut qu’il y ait clairement quelqu’un qui décide», a déclaré Jozef Cornu, directeur général d’Alcatel Telecoms en marge d’une conférence de presse sur la libéralisation des télécommunications.
Alcatel et Lagardère se sont félicités du choix du gouvernement en faveur du gré à gré ainsi que les dirigeants de Thomson, en dépit de leur préférence pour la procédure d’OPV.
Le groupe Thomson CSF, qui souhaite que la privatisation intervienne rapidement, a pris acte de la volonté du gouvernement de faire du groupe une entreprise de taille mondiale.
Le gouvernement estime avoir répondu aux principales inquiétudes des dirigeants de Thomson CSF, en réservant aux salariés 10% des titres qui seront cédés dans le cadre de cette opération, qui porte sur la part de 58% détenue par l’Etat.
En outre, l’Etat disposera au capital de Thomson CSF d’une action spécifique («golden share») lui permettant de «préserver les intérêts de la défense nationale en évitant tout démantèlement de l’entreprise».
L’Association du personnel actionnaire de Thomson CSF (APAT), qui était également favorable à une OPV, a néanmoins estimé que les principes qu’elle défendait avaient été pris en compte par le gouvernement. L’APAT a toutefois souhaité participer à la préparation du cahier des charges, qui selon le gouvernement, est en voie d’être finalisé.

Cahier des
charges

Le cahier des charges fixant le déroulement de la procédure et les critères de choix sera prochainement transmis à la commission de privatisation, pour avis conforme, avant le lancement officiel de l’appel d’offres.
Alcatel a jugé que la décision du gouvernement allait «dans la bonne direction», ajoutant toutefois que le groupe attendait maintenant l’annonce des modalités de l’opération.
Le groupe Lagardère a vu pour sa part dans le choix d’une procédure de gré à gré la confirmation de la validité de son offre, telle qu’elle avait été présentée dans le cadre de la première procédure lancée par le gouvernement.

«Le gouvernement français — indiquant la procédure choisie pour la privatisation de Thomson CSF — a, dans son communiqué, pratiquement confirmé tous les éléments du projet que nous avions présenté l’an dernier et qui nous avait valu la victoire sur notre concurrent», indique le groupe.
Lagardère souligne qu’il a «toutes les raisons de demeurer serein et confiant», observant qu’il «a pour lui des positions incontournables et dominantes qui lui confèrent une très forte légitimité dans le domaine de la défense dont il est un acteur majeur — sans cesse grandissant — depuis près de 40 ans».

Suspension et
recours

Les pouvoirs publics ont suspendu le 4 décembre la première tentative de privatisation de gré à gré, sans cahier des charges, de Thomson CSF, qui était alors couplée à celle de Thomson Multimédia.
La commission de privatisation n’avait pas approuvé l’offre présentée conjointement par Lagardère et le groupe coréen Daewoo, qui avait alors la préférence du gouvernement.
Le groupe Lagardère a déposé un recours devant le conseil d’Etat à la suite de l’annulation de cette opération, lancée il y a un an presque jour pour jour.
Toutefois, depuis la première procédure, comme le soulignait récemment devant des journalistes un membre du gouvernement, les «cartes ont été rebattues».
L’offre d’Alcatel en particulier, centrée lors de la première opération sur les télécommunications militaires, a gagné en crédibilité depuis que le groupe de Serge Tchuruk s’est associé avec Dassault et Aérospatiale, estiment les spécialistes du secteur.
«Lagardère apparaît comme le laissé pour compte. Le marché parie sur une victoire d’Alcatel», estimait mercredi soir un opérateur de la bourse de Paris.
Lagardère a clôturé en baisse de 2,69% à 162,50 FF (456.000 titres et Alcatel seulement de 0,68%, du fait de quelques prises de bénéfices. Thomson CSF, dopé par la perspective d’une surenchère entre les deux candidats et d’une OPA attrayante pour les minoritaires, gagne 3,7% à 182 FF dans 552.000 titres.
Au cours actuel, la valorisation de Thomson CSF est de l’ordre de 21 à 22 milliards de FF.
PARIS, 20 Février (Reuter). — Le gouvernement souhaite que la privatisation de Thomson CSF intervienne d’ici l’été et encourage les candidats à proposer une offre de reprise commune, déclare-t-on de sources gouvernementales. «La balle est dans le camp des industriels. C’est à eux de voir s’ils sont prêts à présenter une offre commune», ajoute-t-on.Le gouvernement a annoncé mercredi matin sa décision de privatiser Thomson CSF par une procédure de cession de gré à gré avec cahiers des charges et non par offre publique de vente.«L’objectif du gouvernement est que la privatisation soit effective dans le courant de l’été», explique une autre source, proche du ministère de l’Economie et des Finances.Les candidats à la reprise de Thomson — le groupe Lagardère d’une part et Alcatel Alsthom d’autre...