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Actualités - Chronologie

Les chapitres sombres de la vie du patriarche chinois

PEKIN, 20 Février (AFP). – Des groupes internationaux de défense des droits de l’homme ont réagi jeudi à la mort de Deng Xiaoping en remémorant au monde les chapitres sombres de la vie du patriarche chinois, en particulier le massacre de Tiananmen en 1989 et le Tibet.
Tandis que les dirigeants du monde faisaient l’éloge des réformes économiques et sociales lancées par Deng, des organisations comme Amnesty International, Human Rights Watch et Campagne internationale pour le Tibet ont tenu à montrer du doigt l’héritage de la répression politique et religieuse dont il fut l’instigateur.
«L’ère Deng a changé la face de la Chine, mais les droits de l’homme sont restés loin derrière les réformes économiques», a estimé Rory Mungoven, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty.
«Deng restera dans les mémoires pour avoir lancé la réforme du système économique chinois. Mais son héritage comprend également un système répressif bien huilé qui utilise la loi comme une arme contre la dissidence», a-t-il ajouté.
Le succès qu’il a remporté en sortant la Chine de son isolement et en la propulsant vers des rythmes de développement économique parmi les plus rapides, sera à jamais terni par son rôle dans l’écrasement brutal du mouvement démocratique en 1989 sur la place Tiananmen à Pékin.
Deng fut aussi à la tête de l’armée chinoise ayant pris le contrôle du Tibet en 1951. La Chine étouffa alors une tentative d’insurrection en 1959, poussant le dalaï-lama à fuir en Inde où il vit toujours en exil.
«On se souveindra de lui pour son rôle dans le massacre de 1989, et aussi pour sa politique de contrôle strict et de sévère restriction des droits de l’homme», estime à son tour dans un communiqué le Mouvement Human Rights Watch (HRW), basé à Washington.
«Deng est celui qui donna les ordres ultimes aux troupes pour entrer dans Pékin en juin 1989. En tant que chef de la Commission militaire centrale, il avait cette autorité», indique le HRW, précisant qu’il avait publiquement félicité les commandants militaires ayant participé à l’écrasement du mouvement étudiant à Tiananmen.
Le gouvernement chinois n’a jamais publié la liste complète des victimes du massacre du 4 juin, mais certains observateurs étrangers ont évalué à plus d’un millier le nombre des morts.
Amnesty et HRW insistent énergiquement pour que la direction chinoise améliore sa politique des droits de l’homme durant la période transitoire de l’après-Deng et au-delà, Amnesty mettant en particulier l’accent sur l’importance de garantir ces droits à Hong Kong.
«Il est d’une importance vitale que l’autonomie et le système de protection des droits de l’homme, inscrits avec l’accord de Deng dans le plan de transition, restent en place», estime Amnesty.
Un autre groupe, Droits de l’homme en Chine, basé à New York, a lancé un appel à l’amnistie de tous les prisonniers politiques en Chine, afin de «corriger les erreurs du passé et donner un bon départ au futur gouvernement».
La mort de Deng «pourrait être un catalyseur du changement, puisque sa position était de ne rien changer tant qu’il était en vie», souligne le porte-parole du groupe Xiao Qiang.
Dans le même temps, Campagne internationale pour le Tibet (ICT) dénonce les dégâts causés par Deng dans la région de l’Himalaya.
«Deng n’a jamais voulu admettre que sa politique à l’égard du Tibet était erronée, car il savait qu’il y allait de sa réputation», estime le président d’ICT Lodi Gyari.
«La mort de Deng ouvre de nouvelles possibilités et de nouveaux défis aux Tibétains aussi bien qu’aux Chinois. La question de savoir comment ils vont tirer leurs cartes du jeu reste ouverte», a-t-il affirmé avant d’exhorter le président Jiang Zemin et ses collègues de la direction centrale à trouver «une nouvelle approche».
Le dalaï-lama, leader spirituel des Tibétains, a quant à lui affirmé que «seules des recherches historiques impartiales» pourraient déterminer de manière satisfaisante si oui ou non la vie de Deng a été profitable à la Chine.
«Je n’ai rien de spécial à ajouter à ce propos», a-t-il dit.
PEKIN, 20 Février (AFP). – Des groupes internationaux de défense des droits de l’homme ont réagi jeudi à la mort de Deng Xiaoping en remémorant au monde les chapitres sombres de la vie du patriarche chinois, en particulier le massacre de Tiananmen en 1989 et le Tibet.Tandis que les dirigeants du monde faisaient l’éloge des réformes économiques et sociales lancées par Deng, des organisations comme Amnesty International, Human Rights Watch et Campagne internationale pour le Tibet ont tenu à montrer du doigt l’héritage de la répression politique et religieuse dont il fut l’instigateur.«L’ère Deng a changé la face de la Chine, mais les droits de l’homme sont restés loin derrière les réformes économiques», a estimé Rory Mungoven, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty.«Deng restera dans les...