«L’Egypte doit utiliser davantage son gaz naturel pour réduire la pollution très élevée du Caire, même si cette solution n’éradiquera pas ce problème, dont les causes sont innombrables», a déclaré Nicholas Hopkins, spécialiste de l’environnement à l’Université américaine du Caire.
Des initiatives prises par le gouvernement égyptien «vont dans le bon sens», a jugé ce professeur qui a participé à la «première conférence et foire sur la gestion et les technologies de l’environnement» qui vient de se tenir au Caire.
Les réserves gazières sont très importantes en Egypte. La production s’est élevée en 1996 à 18 millions de tonnes.
Le dioxide de soufre ne dépasse pas le 1,5% dans le gaz naturel contre 4% pour les produits pétroliers, ce qui réduit la quantité de gaz toxiques dans l’air, a expliqué Essam Charaf, de l’université de Zagazig (nord). Il a précisé que «l’oxyde de carbone était bien inférieur dans le gaz par rapport au pétrole».
Les automobiles aussi
Pour la première fois, en 1996, la compagnie automobile Nasr a produit des véhicules (Regata) circulant au gaz naturel. L’été dernier, la régie des transports publics du Caire a converti au gaz une centaine d’autobus et, depuis la fin de l’année, trois stations-service de la capitale égyptienne vendent du gaz naturel et de l’essence sans plomb.
L’Agence américaine d’aide au développement (USAID) a en outre réussi à remplacer le gazole par du gaz comme source d’énergie dans huit boulangeries publiques sur les 140 que compte Le Caire.
«Cela a permis d’économiser en un an 28% d’énergie, d’accroître de 25% la productivité et d’éviter le dégagement de 1.900 tonnes de fumées polluantes», selon un bulletin de l’Agence américaine.
La société égyptienne de fabrication de l’aluminium, dans la zone industrielle hyperpolluée de Helouane (banlieue sud du Caire), a troqué le pétrole pour du gaz grâce à une aide financière de 540.000 dollars de l’USAID.
Cependant le taux de pollution du Caire reste parmi «les plus mauvais du monde», souligne l’USAID.
Une étude du centre gouvernemental des recherches sociales, rendue publique à la conférence, montre que le taux de pollution atmosphérique dans deux quartiers du Caire est cinq fois plus important que les normes admises internationalement.
La quantité de plomb dans les quartiers surpeuplés de Dar El-Salaam et de Sayeda Zeinab a ainsi atteint respectivement en un mois 0,34 et à 0.18 microgramme/m3 par mois alors que le critère international est de 0,4 pour une année, précise l’étude.
La quantité de poussière, qui ne doit pas dépasser les 75 microgrammes/m3 par an, atteint en un mois à Dar El-Salam 926 et à Sayeda Zeinab 528,4 mg/m3 par mois.
Une étude de l’université d’Aïn-Chams, au Caire, a montré que la proportion de plomb dans le sang des enfants de Helouane était quatre fois supérieure à celle des enfants du Delta (nord) et du Caire.
«Les 500.000 véhicules qui y circulent sont une des principales sources de pollution», souligne M. Charaf qui mentionne également les fumées des usines et des ateliers et les milliers de tonnes de déchets brûlées quotidiennement dans la capitale.

