Titulaire de trois doctorats (histoire de l’art, beaux arts, architecture islamique), elle a à son actif plusieurs publications dont «Expressions of Islam in building» (Agha Khan Award, Genève), «Mosque history and tradition (Encyclopaedia of religion, New York), «L’art islamique: Bassin Méditérranéen» (Flammarion)... Hayat Salam Liebich a raconté Tripoli depuis sa prise par les Arabes en 1298.
Fondée par les Phéniciens au huitième siècle avant J.C., Tripoli a été successivement une cité grecque, romaine, arabe et croisée. A la fin du 13e siècle, la ville du nord est entièrement rasée par les Mamelouks qui construisent à la place un ensemble harmonieux de monuments reflétant les caractéristiques sociales, économiques ou culturelles de l’époque, à travers divers styles architecturaux. La «refabrication» de la cité prendra deux siècles entiers.
De la ville Mamelouk, il reste actuellement 35 monuments fonctionnant encore et couvrant une panoplie de styles architecturaux civils, religieux et militaires. «Ce corpus cohérent de bâtiments peut nous renseigner sur l’identité des bâtisseurs de Tripoli aux XIVe et au XVe siècles, sur les types des constructions érigées, sur le dessein de ces constructions et sur l’antécédent du style architectural employé» indique la conférencière. Ainsi, les bâtisseurs ont accentué le décor des éléments connus à cette époque: minarets, dômes, fenêtres. Hayat Salam-Liebich a souligné l’importance de l’influence des Mamelouks du Caire, de Damas, ou d’Alep comme de l’influence certaine des Croisés, du monde classique et de l’ouest islamique (le Maghreb).
Par ailleurs, l’aristocratie locale et le pouvoir central parrainaient les monuments séculaires au début de la construction comme les khans et les hammams, alors que les monuments religieux étaient financés par les édiles locaux et la bourgeoisie de la ville, sans aucune différenciation en termes de taille ou de temps.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine