Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Il y a 500.000 ans, les premiers hommes syriens

PARIS, 19 Février (AFP). — Passerelle obligée entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe, le Proche-Orient a été le creuset de la conquête humaine du vieux monde: c’est ce que retrace l’exposition «Les premiers hommes du désert syrien» au Musée de l’Homme de Paris, où sont présentés, pour la première fois, des vestiges retrouvés à Nadaouiyeh Aïn Askar, au cœur de la Syrie.
«Vedette» de l’exposition, un pariétal gauche (demi-crâne) d’homo erectus, retrouvé le 14 octobre dernier dans le gisement de Nadaouiyeh Aïn Askar, dans la trouée d’el-Kowm. Ce fossile démontre la haute antiquité du peuplement de ce carrefour des continents, à mi-chemin entre la vallée fertile de l’Euphrate et les grandes oasis de Palmyre.
«Cette découverte revêt un intérêt exceptionnel pour la connaissance de nos origines et des chemins de diffusion de nos lointains ancêtres», souligne Jean-Marie Le Tensorer, directeur de l’institut de préhistoire de Bâle, responsable d’un programme d’étude de la préhistoire dans cette région, mené depuis 1989 avec l’université de Damas, et «découvreur» de ce pariétal.
Plus d’une centaine de milliers d’artefacts dont 7.000 bifaces (outils en silex) ont également été retrouvés à Nadaouiyeh, l’un des gisements les plus riches du monde.

Industrie élaborée

L’étude du pariétal, qui pourrait dater de 500.000 ans (époque de l’Acheuléen) commence seulement. Mais les chercheurs sont déjà parvenus à reconstituer le crâne entier et le rattachent à la «famille» des homo erectus. Ils serait ainsi le deuxième reste le plus ancien du Moyen-Orient.
Contrairement à l’homme moderne, dont le pariétal a une forme pratiquement carrée, celui de Syrie a une morphologie très archaïque, allongée d’avant en arrière, avec une voûte crânienne assez basse. Son épaisseur, 12 millimètres, est deux fois plus importante que celle de l’homme moderne.
Pourtant, ce «vieux Syrien» à l’anatomie très primitive a produit une industrie extrêmement élaborée, qui bouleverse les idées reçues sur les capacités intellectuelles de nos lointains ancêtres. «Cela prouve que le développement du cerveau est indépendant de la boîte», relève le professeur Le Tensorer.
«Les bifaces produits par cet homo erectus sont de véritables sculptures et pas seulement des objets fonctionnels. Un outil n’a en effet pas besoin d’être beau pour être efficace», note pour sa part Sultan Muhesen, directeur général des Antiquités et des Musées de Syrie.
«Il y a assurément une composante symbolique dans ces objets. Fins, symétriques et très travaillés, ils révèlent une haute technologie, un contrôle des gestes et de la pensée demandant une grande intelligence analytique et mathématique», souligne encore Jean-Marie Le Tensorer.
Autre surprise de ce gisement, la découverte de lames sophistiquées, aussi efficaces que nos couteaux modernes, et toujours associées jusqu’à présent à l’homo sapiens. Les scientifiques s’interrogent sur leur paternité: des homo erectus, qui auraient déjà su fabriquer ces «bijoux» de silex, ou des homo sapiens, coexistant avec les primitifs erectus? «Seule la découverte d’un fossile humain associé à ces lames pourrait apporter une réponse», reconnaît le Pr Tensorer.
Les recherches menées sur ce site devraient permettre d’éclaircir une autre énigme: le passage du Paléolithique moyen (170.000 à 40.000 ans) au Paléolithique supérieur (moins de 40.000 ans).
PARIS, 19 Février (AFP). — Passerelle obligée entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe, le Proche-Orient a été le creuset de la conquête humaine du vieux monde: c’est ce que retrace l’exposition «Les premiers hommes du désert syrien» au Musée de l’Homme de Paris, où sont présentés, pour la première fois, des vestiges retrouvés à Nadaouiyeh Aïn Askar, au cœur de la Syrie.«Vedette» de l’exposition, un pariétal gauche (demi-crâne) d’homo erectus, retrouvé le 14 octobre dernier dans le gisement de Nadaouiyeh Aïn Askar, dans la trouée d’el-Kowm. Ce fossile démontre la haute antiquité du peuplement de ce carrefour des continents, à mi-chemin entre la vallée fertile de l’Euphrate et les grandes oasis de Palmyre.«Cette découverte revêt un intérêt exceptionnel pour la connaissance de nos origines...