M. Qais Abdel Hakam, adjoint du secrétaire général du mouvement pour la ville de Ramallah, a indiqué que cette proposition avait été faite dans un message adressé au président de l’Autorité palestinienne, M. Yasser Arafat
«Il est temps pour nous de trouver des dénominateurs communs avec l’Autorité palestinienne, et notre message (à M. Arafat) contient quelques suggestions pour organiser nos relations», a-t-il affirmé.
«Un accord doit être trouvé parmi les Palestiniens avant d’entamer les négociations sur le statut définitif et nous souhaitons (la mise en place) d’un organisme regroupant tous les mouvements palestiniens pour superviser ces négociations», a poursuivi M. Abdel Hakam.
Le FDLP, basé à Damas, a toujours manifesté son opposition au processus de paix et refusé de participer aux négociations avec Israël. Il demeure toutefois représenté au sein des instances dirigeantes de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Les négociations sur le statut définitif des territoires palestiniens doivent démarrer à la mi-mars et les Palestiniens espèrent voir ces négociations, qui doivent en principe s’achever en mai 1999, déboucher sur la création d’un Etat palestinien.
Selon M. Abdel Hakim, le message adressé par le FDLP à M. Arafat «ne contient aucune référence à la lutte armée». «C’est une question que nous pourrons discuter dans le cadre du dialogue national», a-t-il dit.
M. Arafat a appelé samedi à un «dialogue national» entre l’Autorité nationale et les mouvements palestiniens opposés au processus de paix, y compris le mouvement de la résistance islamique Hamas et le Jihad islamique.
Le chef de l’Autorité palestinienne doit lancer ce dialogue le 26 février à Naplouse (Cisjordanie).
Des responsables du FDLP à Damas ont rejeté mardi l’appel de M. Arafat à un dialogue national, mais M. Abdel Hakim a affirmé que son mouvement n’en refusait pas totalement l’idée, ajoutant que le message envoyé à M. Arafat avait été élaboré à la fois par «les dirigeants basés à Damas et ceux basés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza».
Dans un signe de rapprochement entre le FDLP et l’Autorité palestinienne, le mouvement a annoncé cette semaine avoir obtenu l’autorisation pour lancer un journal intitulé «al-Massar» (la Voie) dans la bande de Gaza, et ouvert lundi un bureau d’information à Gaza.
Indépendance
économique
Sur un autre plan, Ahmed Korei, président du Conseil législatif palestinien, a affirmé que les Palestiniens veulent s’affranchir de la dépendance économique vis-à-vis d’Israël en développant les échanges avec le monde arabe, «l’indépendance économique vis-à-vis d’Israël étant le premier pas vers l’indépendance politique».
«Notre stratégie est d’aller vers le monde arabe, de construire une économie qui soit complémentaire de celle des autres pays arabes», a déclaré Ahmed Korei (Abou Alaa), devant un parterre d’hommes d’affaires arabes et britanniques lors d’une conférence à Londres intitulée «Palestine, les conditions requises pour un décollage économique».
«Nous importons déjà certains produits directement d’Egypte et de Jordanie», a indiqué M. Korei. «Il n’est toutefois pas question que nous boycottions Israël», a-t-il affirmé.
Les pertes subies en raison du bouclage imposé depuis trois ans sur la Cisjordanie et la bande de Gaza s’élèvent à entre cinq et sept millions de dollars par jour, a indiqué le responsable palestinien.
«Alors que le taux de chômage s’élevait à 20% de la population durant l’occupation (israélienne), il est aujourd’hui de 60%», a assuré M. Korei.
Ahmed Korei s’est montré confiant dans la conclusion d’un accord sur l’établissement d’un «couloir» pour le passage des Palestiniens entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. «Au bout de quelques semaines de négociations, nous devrions aboutir à un accord», a-t-il déclaré. «Ce couloir est très important pour sa valeur géopolitique», a-t-il ajouté.

