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Actualités - Chronologie

Ankara : l'activisme islamiste continue à préoccuper l'armée

ANKARA, 18 Février (AFP). — Le Conseil national de sécurité turc, organe politico-militaire regroupant de hauts dirigeants civils et militaires, se réunira le 28 février pour discuter de l’activisme islamiste en Turquie, selon le quotidien Sabah.
Le chef de l’état-major général des armées turques, le général Ismail Hakki Karadayi, «soulignera le malaise de l’armée face aux activités antilaïques» lors de cette réunion, en présence du premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, selon le journal.
Le Conseil comprend notamment le chef de l’Etat, le premier ministre, les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense, et les commandants en chef de l’armée.
L’armée est «mal à l’aise» devant la recrudescence des activités antilaïques en provenance du Parti de la Prospérité (Refah) de M. Erbakan, selon la même source.
Elle a été également irritée par une visite rendue la semaine dernière par le ministre de la Justice Sevket Kazan (Refah) à un maire islamiste détenu depuis une dizaine de jours pour avoir fait des déclarations pro-charia lors d’une «soirée pour Jérusalem» qu’il avait organisée.
L’armée réclame toujours le départ sans délai de l’ambassadeur d’Iran à Ankara Mohammad Reza Bagheri, dont les propos lors de cette soirée en faveur de l’application de la charia avaient provoqué la colère des milieux laïcs turcs.
La diplomatie avait alors remis une note de protestation à M. Bagheri, mais cette mesure avait été jugée insuffisante par l’armée et les milieux pro-laïcs, qui demandaient que le diplomate soit déclaré «persona non grata».
Le chef du principal parti d’opposition au Parlement, Mesut Yilmaz, et un nombre d’associations et syndicats ont demandé la démission de M. Kazan, homme de confiance de M. Erbakan et un des durs du Refah.
La visite de M. Kazan au maire islamiste Bekir Yildiz, arrêté par décision de la cour de Sûreté de l’Etat d’Ankara, a été qualifiée de «défi à la justice», visant à «donner le message que le maire islamiste se trouve sous la protection du ministère de la Justice», affirment ses opposants.
Des porte-parole du Refah ont pris la défense de M. Kazan, affirmant qu’il avait rendu visite au maire en sa qualité de «responsable des relations publiques» du Refah et non comme ministre de la Justice.
Le 4 février, l’armée avait fait traverser par une quarantaine de chars et véchicules militaires la localité de Sincan (banlieue d’Ankara), administrée par M. Yildiz et où s’était déroulée la «soirée pour Jérusalem». Ce défilé avait été unanimement interprété comme une mise en garde de l’armée aux éléments islamistes les plus radicaux.

Les charges
contre Ciller

Sur un autre plan, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères turc, Mme Tansu Ciller, devrait assurer sa survie politique à l’occasion de l’examen mercredi par le Parlement d’accusations de corruption à son encontre.
L’Assemblée nationale doit se prononcer en dernier ressort sur les rapports de trois commissions parlementaires qui ont enquêté sur des accusations de malversations portées contre Mme Ciller.
Ces accusations étaient relatives à la gestion, lorsqu’elle était premier ministre, de la compagnie d’Etat Tedas (distribution d’électricité), à la privatisation partielle du constructeur automobile Tofas et à l’accumulation de sa fortune personnelle.
Les trois commissions ont toutes blanchi Mme Ciller, par une voix de majorité.
Au sein de ces commissions, les députés membres du parti islamiste de la Prospérité (Refah) du premier ministre Necmettin Erbakan, allié au Parti de la Juste Voie (DYP, droite) de Mme Ciller dans l’actuelle coalition gouvernementale, ont fait bloc avec celui-ci pour voter en faveur de Mme Ciller, alors même que c’était le Refah qui avait porté les accusations à son encontre lorsqu’il était dans l’opposition.
Si l’Assemblée suit les commissions, les dossiers seront clos. Si elle rejette ces rapports, Mme Ciller sera déférée en Haute cour, ce qui mettra un terme à sa carrière politique.
Les chances d’une telle éventualité sont jugées très faibles, le rejet des rapports nécessitant la majorité absolue de 276 voix sur 550, que l’opposition ne semble pas en mesure de réunir.
Le Refah compte 160 députés et le DYP 119, ce qui donne à la coalition une majorité absolue de quatre sièges.
Mme Ciller n’assistera pas aux votes, se trouvant à Bruxelles où elle participe à une réunion ministérielle de l’Otan. Elle a donné procuration au ministre de la Défense Turhan Tayan pour voter pour elle.
ANKARA, 18 Février (AFP). — Le Conseil national de sécurité turc, organe politico-militaire regroupant de hauts dirigeants civils et militaires, se réunira le 28 février pour discuter de l’activisme islamiste en Turquie, selon le quotidien Sabah.Le chef de l’état-major général des armées turques, le général Ismail Hakki Karadayi, «soulignera le malaise de l’armée face aux activités antilaïques» lors de cette réunion, en présence du premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, selon le journal.Le Conseil comprend notamment le chef de l’Etat, le premier ministre, les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense, et les commandants en chef de l’armée.L’armée est «mal à l’aise» devant la recrudescence des activités antilaïques en provenance du Parti de la Prospérité...