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Actualités - Chronologie

L'affaire Rushdie demeure une source de tension entre Teheran et l'Europe

TEHERAN, 16 Février (AFP). — La «fatwa» contre l’écrivain britannique Salman Rushdie demeure une source de tension entre l’Iran et l’Europe et risque de devenir un enjeu politique à l’approche des élections présidentielles iraniennes.
Huit ans après sa publication, le décret religieux de l’imam Khomeiny, fondateur de la République islamique, condamnant à mort Salman Rushdie pour son roman «les Versets Sataniques», jugé blasphématoire, empoisonne encore les relations entre Téhéran et l’Europe, déjà fortement atteintes par les accusations de soutien au terrorisme qui pèsent sur Téhéran.
Ces derniers jours, les milieux les plus intégristes sont montés au créneau pour réaffirmer «l’irrévocabilité» de la «fatwa» après l’annonce qu’une fondation religieuse avait décidé d’augmenter la récompense à qui tuerait l’écrivain.
Dominée par les intégristes, la Fondation du Khordad-15 a fait passer de 2 à 2,5 millions de dollars la prime qu’elle compte accorder à tout «musulman ou non et même à ses gardes du corps», s’ils exécutent l’écrivain.
Cette décision dépasse largement le cadre strictement religieux de la «fatwa», qui s’adressait jusqu’à présent essentiellement aux musulmans.
L’annonce de l’augmentation de la prime, aussitôt dénoncée par le président iranien Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, a été dénoncée par les dirigeants européens, qui ont adopté en 1992 une politique de «dialogue critique» avec Téhéran, en raison justement de l’affaire Rushdie.
Dans un communiqué publié à La Haye par la présidence néerlandaise de l’UE, les Quinze ont exprimé leurs «profonds regrets» et demandé aux autorités iraniennes de déployer des «efforts supplémentaires pour trouver une solution satisfaisante à l’égard de Salman Rushdie».
Bien que toutes les factions du régime islamique ne se soient pas encore explicitement prononcées sur l’affaire, le clergé intégriste apparaît comme s’efforçant de faire de la «fatwa» un enjeu politique à l’approche des élections présidentielles de juin.

Une offensive politique
en vue des présidentielles?

«Nous espérons que les candidats aux présidentielles réaffirmeront l’irrévocabilité de la «fatwa»», a souligné l’ayatollah Hassan Hanéi, directeur de la fondation du Khordad-15.
Plusieurs diplomates européens à Téhéran ont estimé que cette offensive des durs du régime risquait de saper tout tentative de la diplomatie iranienne de trouver une solution politique à l’affaire Rushdie.
La position officielle de Téhéran, exprimée à diverses reprises, consiste à assurer que la «fatwa» «n’a pas de force exécutoire» pour le gouvernement qui «n’enverra» d’ailleurs pas de commando pour tuer Rushdie.
Mais un haut dignitaire religieux conservateur du régime, l’ayatollah Javadi Amoli, a insisté sur le fait que la «fatwa» «devait être appliquée».
«Personne ne doit s’imaginer qu’avec le décès de l’imam Khomeiny (en juin 1989), sa «fatwa» a cessé d’être valable. Ce décret n’a pas été appliqué et en attendant, il demeure valable», a souligné M. Amoli, imam de la prière de Qom (sud), et l’une des personnalités religieuses les plus influentes du régime.
(Dans une interview à la BBC, Salman Rushdie a assuré toutefois que le Foreign Office lui avait «fait comprendre qu’en plusieurs occasions, des tentatives de meurtre avaient eu lieu» contre lui.
(«Les gens pensent que parce que je n’ai pas été tué, personne n’essaie de me tuer», a-t-il déclaré. «Mais il n’y a aucun doute. Ce n’est pas une théorie», a ajouté l’écrivain d’origine indienne.
(Dans une autre interview accordée à la chaîne américaine CNN, l’écrivain a également mis en doute la sincérité de M. Rafsandjani lorsqu’il a affirmé que la fondation du Khordad-15 ne reflétait pas les vues du gouvernement. «Ils mentent. C’est le gouvernement le plus malhonnête du monde», a-t-il affirmé).
TEHERAN, 16 Février (AFP). — La «fatwa» contre l’écrivain britannique Salman Rushdie demeure une source de tension entre l’Iran et l’Europe et risque de devenir un enjeu politique à l’approche des élections présidentielles iraniennes.Huit ans après sa publication, le décret religieux de l’imam Khomeiny, fondateur de la République islamique, condamnant à mort Salman Rushdie pour son roman «les Versets Sataniques», jugé blasphématoire, empoisonne encore les relations entre Téhéran et l’Europe, déjà fortement atteintes par les accusations de soutien au terrorisme qui pèsent sur Téhéran.Ces derniers jours, les milieux les plus intégristes sont montés au créneau pour réaffirmer «l’irrévocabilité» de la «fatwa» après l’annonce qu’une fondation religieuse avait décidé d’augmenter la...