«L’Etat emploie près de 93% de la population active koweitienne», note l’économiste Jassem al-Saadoun, estimant que le gouvernement «ne pourra pas embaucher davantage de Koweitiens à moins de s’endetter lourdement».
M. Saadoun, qui dirige l’institut privé de conseil économique al-Shall, considère que l’absence d’un système d’impôt et l’importance des prestations sociales mettent davantage de pression sur les finances publiques.
L’enseignement et les soins médicaux sont gratuits pour les 700.000 Koweitiens auxquels l’Etat distribue également terrains gratuits et prêts à très faibles taux pour construire des logements.
Des économistes estiment que ce système avait sa raison d’être lors du boom pétrolier des années 70 et du début des années 80, l’Etat y trouvant un moyen de redistribuer les richesses tirées de la manne pétrolière.
Mais l’occupation irakienne du Koweit (août 1990-février 1991) a marqué un tournant. Le gouvernement avait dû puiser dans ses fonds placés à l’étranger pour financer une partie de l’effort de guerre de la coalition multinationale qui a libéré le pays, ainsi que la reconstruction.
De 100 milliards de dollars, ces fonds ont fondu à 40 mds de dollars et continuent à baisser car le budget du gouvernement accuse un déficit annuel d’au moins trois mds de dollars depuis la libération, comblé par le recours à ces réserves.
«Le pays est riche, les réserves pétrolières dureront 100 ans mais on ne peut pas pousser les gens à travailler si l’Etat providence est maintenu», affirme un autre économiste sous couvert de l’anonymat.
«Il est possible de redistribuer les revenus pétroliers à la population tout en mettant en place des réformes pour libéraliser l’économie», ajoute-t-il.
Le gouvernement koweitien appelle régulièrement le secteur privé à offrir des emplois aux Koweitiens. Les nombre de jeunes qui arriveront sur le marché du travail dans les cinq prochaines années est estimé à 50.000.
«Le secteur privé est l’unique issue à ce dilemme», avait affirmé en janvier le ministre du Plan et du Développement administratif Ali Fahd al-Zameh, réalisant la difficulté d’augmenter les effectifs de l’administration alors que de nombreux fonctionnaires sont d’ores et déjà sous-employés.
Le taux officiel du chômage est de 2% mais «le chômage déguisé touche 50% de la population active koweitienne», estime M. Saadoun.
Toutefois, la plupart des Koweitiens sont réticents à l’idée de travailler dans le secteur privé où les horaires sont plus longs, le travail plus exigeant et moins bien payé.
Ainsi, la plupart des postes offerts par le secteur privé sont occupés par les 1,3 million de travailleurs expatriés.
Les économistes affirment que la privatisation constitue l’une des solutions, soulignant que la vente des compagnies publiques a rapporté à l’Etat deux mds de dollars depuis 1994, et continue d’être bien accueillie par le secteur privé dont les avoirs sont estimés entre 40 et 60 mds de dollars, principalement placés à l’étranger.


La France soutient un cessez-le-feu, se « tient à disposition », déclare Macron