«L’annonce du gouvernement a été reçue avec émotion et espoir — non pas parce que Sa Majesté va recouvrer sa citoyenneté roumaine, car Sa Majesté estime qu’il ne l’a jamais perdue —, mais parce qu’il s’agit d’un acte de justice concernant toute la période communiste», déclare un communiqué de la maison royale à Bucarest.
«Cette décision mettra fin à une longue et lourde injustice personnelle, mais, surtout, elle permettra au peuple roumain de sortir d’une ambiguïté historique qui n’a jamais cessé de troubler son identité et son unité nationales», poursuit le communiqué.
Le gouvernement roumain a officiellement annoncé mercredi que le ministère de la Justice étudiait «le cas de la citoyenneté du roi Michel Ier» et va présenter «dans les plus brefs délais, la solution pour que l’injustice perpétrée à son encontre par les communistes soit réparée».
Contraint à l’abdication en 1947 par les communistes, le jeune roi Michel a été aussitôt chassé de son pays natal. En 1948, le gouvernement communiste a adopté un décret lui retirant la citoyenneté roumaine, et qui est encore valable aujourd’hui.
L’ex-roi Michel, qui vit actuellement en exil à Versoix en Suisse, a souhaité à plusieurs reprises se rendre en Roumanie après la chute de Nicolae Ceausescu en décembre 1989, mais le régime du président Ion Iliescu ne lui avait permis de visiter son pays qu’une fois, à l’occasion de la Pâque orthodoxe de 1992. Il avait été accueilli triomphalement par des centaines de milliers de Roumains.
Toutes ses autres tentatives de revenir en Roumanie ont échoué en raison des conditions imposées par le pouvoir, jugées «inadmissibles» par l’entourage de l’ex-roi.
Lorsque la restitution de la citoyenneté avait été évoquée, le régime de M. Iliescu avait indiqué que «c’était à l’ex-roi de déposer une demande officielle afin d’obtenir la citoyenneté roumaine». Ce dernier avait alors rétorqué qu’on lui devait «réparation» par l’annulation du décret communiste de 1948, car «il n’avait pas renoncé de bon gré à la citoyenneté roumaine».
Le Parti national paysan chrétien-démocrate (PNP-CD), dont sont issus le président Emil Constantinescu — vainqueur de M. Iliescu à la présidentielle de novembre 1996 — et le premier ministre Victor Ciorbea, et qui domine la coalition au pouvoir, est traditionnellement liée à la personne de l’ex-roi Michel. Toutefois, pendant la campagne, M. Constantinescu a clairement affiché des convictions républicaines.

