«Je n’ai appris que récemment le rôle qu’a joué la persécution religieuse dans l’histoire de ma propre famille», a déclaré Mme Albright au cours d’une première réunion d’un nouveau comité du département d’Etat sur la liberté religieuse.
A la suite de révélations de presse, début février, faisant état de ses origines juives et du fait que plusieurs membres de sa famille avaient été exterminés dans les camps de concentration nazis, Mme Albright a affirmé qu’elle ignorait tout cela jusqu’à présent.
Mme Albright a par ailleurs ajouté que son enfance, au cours de laquelle elle avait fui avec sa famille le régime communiste en Tchécoslovaquie, lui avait donné des «convictions très solides» sur la liberté de religion.
«Ces convictions n’ont pas changé», a-t-elle déclaré, mais «ma volonté de travailler avec vous et de faire de ma coopération un monument vivant à tous ceux qui ont souffert pour leurs idées à travers l’histoire s’est renforcée».
Née Madeleine Korbel à Prague en 1937, Mme Albright avait expliqué que ses parents ne lui avaient jamais parlé du destin de sa famille ni de leur appartenance à la communauté juive. Quant au sort des grands-parents qu’elle n’a jamais connus, «mes parents m’ont dit simplement qu’ils sont morts dans la tourmente de la guerre», avait-elle dit.
Elevée dans la religion catholique à laquelle se sont convertis ses parents lorsque la Deuxième Guerre mondiale a éclaté, elle est devenue membre de l’église épiscopale (protestante) lors de son mariage en 1959 avec Joseph Medill Patterson Albright.
Le «Washington Post» a affirmé jeudi qu’Israël était au courant, depuis fin 1994, des origines juives de Madeleine Albright, ex-ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU récemment nommée au poste de secrétaire d’Etat, mais avait choisi de ne pas rendre ces informations publiques.

