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Actualités - Chronologie

Gagner de l'argent en luttant contre le chômage

NEW YORK, 13 Février (AFP). – La refonte du système d’aide aux chômeurs les plus démunis, l’un des terrains de coopération identifiés mardi par le président démocrate Bill Clinton et le Congrès républicain, a pour modèle une entreprise new-yorkaise qui place les demandeurs d’emploi et réalise de substantiels bénéfices.
«Le 1er janvier dernier, à la Maison-Blanche, le président Clinton m’a dit: «on devrait avoir des entreprises comme la vôtre dans chaque ville américaine»», commente fièrement Peter Cove, qui a fondé America Works il y a 13 ans avec sa femme Lee Bowes.
Ce couple de sociologues a longuement expliqué devant le Congrès l’été dernier, lors du débat de la loi réformant l’assistance aux plus démunis (welfare), comment leur entreprise, qui «pèse» aujourd’hui 7 millions de dollars, était parvenue à redonner un emploi stable à plus de 5.000 chômeurs de longue durée tout en économisant les deniers publics.
Plusieurs employés des services sociaux de New York critiquent America Works vertement, et anonymement, contestant surtout le principe de «faire de l’argent avec le chômage».
Mais l’adjoint au maire chargé du dossier, Brian Wing, a reconnu que «la démarche à but lucratif d’America Works s’est montrée beaucoup plus efficace que notre approche traditionnelle».
«Nous avons affaire à une population dont personne ne veut les chômeurs de longue durée sans formation», explique Peter Cove.
«Nous ne sommes pas (la société d’intérim) Manpower, les emplois que nous trouvons demandent peu de qualification, et le salaire annuel moyen est de 15.000 dollars», précise-t-il.
«Le principal problème des chômeurs qui viennent ici est qu’ils n’imaginent pas pouvoir être payés pour travailler alors qu’ils sont depuis si longtemps payés pour rester à la maison», estime-t-il.
Selon M. Cove, les cinq semaines de formation dans les locaux d’America Works font toute la différence. Le demandeur d’emploi y est entraîné aux techniques d’entretien d’embauche, à certaines tâches de bureaux, reçoit un verni d’informatique, mais surtout «reprend contrôle de sa vie».
«Cinq minutes de retard, une mauvaise présentation ou un comportement incorrect et vous devez tout recommencer à zéro», explique Donna Jones, 38 ans. «Mais je retrouve une organisation de mes journées comme je n’avais plus depuis des années», ajoute cette mère célibataire de trois enfants au «welfare» depuis six ans.

«C’est magique!»

America Works, qui a sept bureaux dans l’Etat de New York et dans le centre des Etats-Unis, n’est payée que si le résultat est atteint, à savoir un emploi stable pour un chômeur.
Le profil type du «client» correspond aux statistiques américaines du chômage: une mère de deux enfants, âgée d’une trentaine d’années, sans emploi depuis 5 ans.
«Elle coûte entre 24.000 et 35.000 dollars par an au contribuable, alors que nous touchons 5.400 dollars d’argent public, après qu’elle a passé 4 mois dans son entreprise», souligne M. Cove.
Une enquête de l’Etat de New York montre que 90% des placements effectués par America Works durent plus d’un an, alors que selon les statistiques fédérales 40% des femmes qui quittent le «welfare» pour un emploi sont de nouveau au chômage dans les dix mois suivants.
Durant ces quatre premiers mois, l’employeur verse un forfait à America Works, variable selon le nombre d’embauches annuelles, et l’entreprise reverse à l’ex-chômeuse le salaire minimum, tout en payant ses charges sociales.
Pendant cette période, des conseillers d’America Works suivent les «clients», pour les aider à résoudre les difficultés d’adaptation à l’entreprise ou les question plus personnelles, souvent liées aux enfants.
«Mais c’est magique, d’un seul coup ces chômeuses trouvent la gardienne d’enfant qu’elles cherchaient depuis des années», raconte M. Cove, ajoutant: «Le travail est la meilleure des thérapies».
NEW YORK, 13 Février (AFP). – La refonte du système d’aide aux chômeurs les plus démunis, l’un des terrains de coopération identifiés mardi par le président démocrate Bill Clinton et le Congrès républicain, a pour modèle une entreprise new-yorkaise qui place les demandeurs d’emploi et réalise de substantiels bénéfices.«Le 1er janvier dernier, à la Maison-Blanche, le président Clinton m’a dit: «on devrait avoir des entreprises comme la vôtre dans chaque ville américaine»», commente fièrement Peter Cove, qui a fondé America Works il y a 13 ans avec sa femme Lee Bowes.Ce couple de sociologues a longuement expliqué devant le Congrès l’été dernier, lors du débat de la loi réformant l’assistance aux plus démunis (welfare), comment leur entreprise, qui «pèse» aujourd’hui 7 millions de dollars,...