Travailleurs, rugueux et fiers de leur héritage culturel, les Basques attendaient beaucoup de l’accession au pouvoir du Parti populaire (PP) d’Aznar, qui avait d’emblée fait preuve à leur égard d’une attitude conciliante.
Non impliqué dans la «sale guerre» des Gal, contrairement aux socialistes, le PP s’était allié parlementairement au Parti nationaliste basque et avait nommé à l’Intérieur un homme né au Pays basque.
Jaime Mayor Oreja, qui estime aujourd’hui que «l’ETA défie la société espagnole», avait même commencé à prendre des mesures d’apaisement concrètes.
C’est ainsi qu’il avait satisfait la revendication des séparatistes qui exigeaient que leurs prisonniers soient transférés, «à portée de visite» de leurs familles.
Un mois après l’arrivée au pouvoir du PP, l’ETA avait de son côté annoncé une brève trêve qui avait conduit la population espagnole à espérer en une possible cessation négociée de la violence.
Mais les conservateurs ne se sont pas pour autant départis de leur refus catégorique de négocier avec l’organisation séparatiste tant qu’elle ne renoncera pas à la lutte armée.
Les patrouilles de police ont été accrues dans plusieurs grandes villes du pays tandis que juges, officiers et hommes politiques ont reçu une protection renforcée. Ces décisions ont été prises mardi lors d’une réunion de crise des principaux services de sécurité du pays au ministère de l’Intérieur.
Le gouvernement se prépare ainsi à un nouveau déchaînement de violence. «Il est possible que des jours plus difficiles encore soient devant nous», a admis Jose Maria Aznar.
Les services de sécurité se sont fixé comme priorité de démanteler deux cellules de l’ETA soupçonnées d’être à l’origine des derniers attentats: le «commando Madrid», actif dans la capitale, et le «commando Donosti», qui agit au Pays basque.

