Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Damas imperméable à des pressions américaines, selon Netanyahu

C’est un Benjamin Netanyahu apparemment sans grande illusion sur les chances d’une relance du dialogue de paix avec la Syrie qui a débarqué hier à Washington pour une visite de trois jours, la troisième depuis la formation d’un gouvernement Likoud, à la suite des législatives du 29 mai 1996. Pour le premier ministre israélien, effet, «les Etats-Unis ne peuvent pas contraindre la Syrie à négocier». Selon lui, «si les Syriens souhaitent la paix, ils reprendront les discussions; s’ils ne veulent pas la paix, ils trouveront cent prétextes pour ne pas relancer la négociation».
Fort de cette conviction, M. Netanyahu a indiqué, à bord de l’avion qui le menait dans la capitale fédérale US, qu’il ne présenterait pas «un plan de paix précis avec la Syrie, mais des principes généraux» au président Bill Clinton qu’il doit rencontrer aujourd’hui jeudi. Auparavant, il ne sera entretenu avec le nouveau secrétaire d’Etat Madeleine Albright puis avec le secrétaire à la Défense William Cohen. Vendredi, il tiendra une réunion avec le secrétaire au Trésor Robert Rubin avant de se rendre à New York. C’est dans l’après-midi qu’il sera reçu par le chef de l’Exécutif américain.
Contrairement aux deux premières visites où il n’avait cédé sur rien, au grand dam du président américain, M. Netanyahu vient de donner des gages de sa volonté de paix. Il est convenu dimanche avec le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat de créer huit commissions mixtes chargées d’appliquer les accords sur l’autonomie palestinienne.
Cette initiative et l’accord longtemps attendu sur le retrait israélien de Hébron (Cisjordanie), conclu le 15 janvier, «remettent en mouvement l’ensemble du processus de paix», avait estimé mardi Mme Albright devant des membres du Congrès.

Rôle de médiateur

M. Arafat est attendu à Washington le 3 mars. Il sera suivi une semaine plus tard par le président égyptien Hosni Moubarak et le 18 mars par le roi Hussein de Jordanie.
Selon ses conseillers, M. Netanyahu demandera à Washington de convaincre la Syrie de ne plus soutenir les groupes anti-israéliens au Liban-Sud et de reprendre sans condition préalable des négociations de paix interrompues depuis un an.
Les responsables américains se font peu d’illusions là-dessus car les deux pays sont en total désaccord sur les modalités d’une reprise des discussions. Damas insiste pour prendre en compte les résultats acquis avec le précédent gouvernement travailliste, c’est-à-dire la promesse d’un retrait israélien du Golan, occupé depuis 1967. Le gouvernement de droite de M. Netanyahu refuse de se lier les mains.
Or, les Etats-Unis ne peuvent pas prendre parti pour l’un ou l’autre sans perdre leur crédibilité de médiateur. Tout au plus pourraient-ils transmettre aux Syriens les suggestions israéliennes de compromis.
Selon le conseiller politique de M. Netanyahu, David Bar-Illan, Israël propose une formule vague, basée sur la résolution 242 de l’ONU, qui maintient l’ambiguïté sur une restitution du Golan.
Le premier ministre israélien est accompagné de deux hauts responsables du renseignement militaire chargés de donner aux responsables américains des preuves du soutien syrien aux attaques contre les forces d’occupation israéliennes au Liban-Sud, selon des sources militaires à Tel-Aviv.
Israël accuse la Syrie de soutenir les combattants du Hezbollah au Liban-Sud pour faire pression sur lui afin qu’il accepte un règlement de paix basé sur la restitution du Golan.

Le rôle de l’UE

En route pour Washington, M. Netanyahu a fait escale hier à l’aéroport de Schipol-Amsterdam où il a rencontré son homologue néerlandais Wim Kok. Il a déclaré à cette occasion attendre de l’Union européenne — dont les Pays-Bas assurent la présidence tournante — qu’elle adopte «une approche impartiale en acceptant les parties comme des partenaires égaux, en essayant d’aider les deux sans préjugés». Le rôle de l’UE, selon lui, «peut être très utile», et pour sa part, «il encourage les Israéliens à ne pas penser que le monde entier leur est opposé».
C’est un Benjamin Netanyahu apparemment sans grande illusion sur les chances d’une relance du dialogue de paix avec la Syrie qui a débarqué hier à Washington pour une visite de trois jours, la troisième depuis la formation d’un gouvernement Likoud, à la suite des législatives du 29 mai 1996. Pour le premier ministre israélien, effet, «les Etats-Unis ne peuvent pas contraindre la Syrie à négocier». Selon lui, «si les Syriens souhaitent la paix, ils reprendront les discussions; s’ils ne veulent pas la paix, ils trouveront cent prétextes pour ne pas relancer la négociation».Fort de cette conviction, M. Netanyahu a indiqué, à bord de l’avion qui le menait dans la capitale fédérale US, qu’il ne présenterait pas «un plan de paix précis avec la Syrie, mais des principes généraux» au président Bill Clinton...