Ce choc somptueux qui alimente depuis quinze jours les pages sportives de tous les quotidiens britanniques va servir de révélateur pour deux formations à la croisée des chemins.
Une place de demi-finaliste lors de l’Euro-96 a convaincu l’Angleterre qu’elle était sur la voie du renouveau. Sur la lancée de ce mois de juin prometteur, Alan Shearer et ses camarades ont entamé tambour battant leur campagne de qualification pour la phase finale de la Coupe du monde 1998 en France.
Des débuts convaincants contre la Moldavie (3-0), un succès plus difficile contre la Pologne (2-1), puis un voyage réussi en Géorgie (2-0) ont permis aux Anglais de prendre le commandement du Groupe 2 et d’accroître leur capital confiance. Une victoire mercredi les autoriserait à entrevoir les côtes de France.
L’Italie au contraire est à la recherche de certitudes. Son aventure malheureuse durant l’Euro-96, puis deux performances médiocres face aux Moldaves (3-1) et aux Géorgiens (1-0), l’ont plongée dans une de ces crises dont elle est coutumière, précipitant en décembre le départ du sélectionneur Arrigo Sacchi, remplacé par Cesare Maldini, papa de Paolo et ancien adjoint d’Enzo Bearzot.
Hoddle: «Zola, je ne
veux plus en
entendre parler»
Et pourtant, malgré ces problèmes, c’est avec une certaine appréhension que les hommes de Glenn Hoddle attendent la venue de la «Squadra Azzura». S’il est en effet un football que l’Angleterre contemple avec un mélange d’admiration, d’incompréhension et de crainte, c’est celui de l’Italie.
Il est vrai que l’histoire des confrontations entre les deux nations penche largement en faveur des Italiens depuis 25 ans, avec 4 victoires, 1 nul et 1 défaite (1977). La double démonstration de la Juventus Turin aux dépens de Manchester United en Ligue des Champions, tout comme les exploits à répétition des Zola, Di Matteo et Ravanelli dans le Championnat anglais, semblent avoir persuadé l’opinion britannique que l’Italie possédait toujours une petite longueur d’avance en termes de technique individuelle et surtout d’approche tactique.
Comment ébranler l’édifice défensif italien sans se découvrir face à ces rois du contre? Quel traitement réserver au petit Gianfranco Zola, éblouissant sous le maillot de Chelsea? Telles sont les deux grandes questions auxquelles Hoddle et ses troupes vont devoir répondre mercredi.
«Zola, je ne veux plus en entendre parler, commentait samedi le sélectionneur anglais. Je sais parfaitement combien il peut être brillant. Et puis, s’ils n’alignent pas Zola, ils ont Del Piero. Mais il faut que nous arrêtions de nous focaliser sur leur talent. De notre côté, nous avons Shearer et McManaman. Ce n’est pas mal non plus. Et je suis sûr que les Italiens se font pas mal de soucis en y pensant».
Sans doute. Et pour Cesare Maldini, adepte de schémas très défensifs lorsqu’il était entraîneur des Espoirs italiens, le problème sera de trouver un juste équilibre entre la prudence et un refus de faire le jeu qui pourrait s’avérer suicidaire face à un onze anglais porté par les 75.000 spectateurs de Wembley.


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