M. Clinton, un démocrate, prononçait le discours annuel sur l’état de l’Union devant les deux Chambres du Congrès, toutes deux contrôlées par l’opposition républicaine.
Il a présenté son programme, qui ne contenait guère d’éléments nouveaux par rapport aux promesses de sa campagne présidentielle de l’an dernier, comme «un appel à l’action (...) afin de préparer l’Amérique pour le XXIe siècle».
Sur le plan diplomatique, auquel il a accordé une place plus importante que ces quatre dernières années, M. Clinton a indiqué que sa «première tâche» serait d’«aider à bâtir, pour la première fois, une Europe unie et démocratique», en ouvrant d’ici à 1999 les portes de l’OTAN à d’anciens membres de l’ex-bloc soviétique, tout en établissant «un partenariat stable» avec «une Russie démocratique».
Il faisait allusion au prochain sommet de Madrid de l’Alliance, les 8 et 9 juillet, au cours duquel l’OTAN choisira les pays invités à adhérer.
La Russie reste opposée à l’ouverture de l’OTAN vers l’Est, c’est-à-dire vers ses frontières.
Le président a aussi confirmé, malgré les nombreux désaccords entre les deux pays, qu’il effectuerait une visite en Chine et que son homologue chinois Jiang Zemin se rendrait aux Etats-Unis, à des dates qu’il n’a pas précisées, car «une Chine isolée n’est pas bonne pour l’Amérique».
Il a aussi renouvelé son appel au Sénat pour qu’il ratifie d’ici à la fin avril la convention sur les armes chimiques, qui interdirait la production et l’utilisation de celles-ci, et a demandé au Congrès de lui accorder le pouvoir de confluer de nouveaux accords de libre-échange des pays d’Amérique latine et d’Asie.
Il a enfin appelé le Congrès à autoriser le remboursement par les Etats-Unis de leur dette à l’ONU, estimée à au moins un milliard.
Mais le discours était surtout axé sur la politique intérieure.
M. Clinton a d’abord appelé les républicains à coopérer pour régler certains «problèmes en suspens».
Le premier a trait à un compromis sur un plan de retour à l’équilibre budgétaire, l’objectif absolu des républicains, que M. Clinton a repris à son compte en 1995.
«Dans deux jours, je proposerai un plan détaillé pour équilibrer le budget d’ici à l’an 2002», a déclaré le président, qui présentera jeudi son projet de loi de finances pour la prochaine année fiscale.
Le deuxième porte sur une réforme du système de financement des campagnes électorales, un sujet d’actualité depuis les élections de novembre et la révélation des pratiques douteuses auxquelles M. Clinton et son parti ont eu recours pour collecter des fonds.
Désireux d’atténuer les critiques dont il est l’objet depuis lors, il a appelé les républicains à voter d’ici au 4 juillet, date de la fête nationale américaine, un texte de loi bipartite qui interdirait à un parti de recevoir de l’argent d’un étranger, même s’il réside légalement aux Etats-Unis, et d’une compagnie américaine si elle est contrôlée par une société étrangère.
Mais sa «priorité numéro un en tant que président durant les quatre prochaines années» est l’éducation.
Dans cette époque de globalisation de l’économie, il a qualifié l’éducation de «question de sécurité nationale cruciale» pour le maintien du leadership américain.
Il a ainsi annoncé que son projet de budget pour l’année fiscale 1998 contiendrait 51 milliards de dollars au titre de l’éducation et de la formation professionnelle, dont les réductions d’impôts afin d’aider les familles à faire face au coût très élevé de l’enseignement supérieur.
Le mot final appartiendra toutefois au Congrès, et les négociations à ce sujet s’annoncent ardues.
Il a également annoncé le lancement d’une «croisade nationale» afin d’élever le niveau de l’enseignement. Cette «croisade» prendrait la forme de tests administrés par les 50 Etats à tous les élèves de 8 ans pour la lecture et à ceux de 13 ans pour les maths.

