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Actualités - Analyse

Spéculations sur la prochaine proclamation papale concernant le Liban

Reportée à deux reprises par le passé, la visite du Pape pourra-t-elle avoir lieu cette fois à la date fixée, à savoir en mai prochain? Des sources ecclésiastiques et diplomatiques sont d’accord pour estimer que, s’il n’en tient qu’au Saint Père, il viendrait sûrement car il a souvent exprimé son vif souhait de fouler le sol d’un pays où le Christ se rendait régulièrement. Mais la région est, comme on sait, agitée et il est tout à fait possible que, comme pour les deux tentatives précédentes, des événements viennent rendre impossible la visite papale au Liban. Sans compter que, comme nul ne l’ignore, la santé du Souverain Pontife reste assez chancelante...
Cependant, ces mêmes sources précisent que «Jean-Paul II ne veut plus tarder. Il lui faut cette année même prononcer son «exhortation apostolique», entendre les conclusions décisives que lui inspire le synode sur le Liban tenu à Rome en décembre 95 sous sa propre direction. Cela doit se faire ici même...»
A en croire ces personnalités, qui oublient les réserves prudentes émises à l’époque par des prélats libanais qui avaient également participé au synode, le verdict papal «ne serait pas différent pour le fond de l’appel final lancé alors par les participants», dont le manifeste avait en réalité soulevé une tempête parce qu’il demandait, parallèlement au retrait de l’occupant israélien, «l’évacuation» (terme considéré comme offensant par les loyalistes) des unités syriennes présentes au Liban.
Toujours est-il qu’en principe une délégation vaticane est attendue dans les prochaines semaines à Beyrouth où elle doit peaufiner le programme de la visite papale. De son côté, le patriarche maronite — qui préside comme on sait l’assemblée des chefs spirituels des communautés catholiques — doit se rendre à Rome à la fin du mois en cours pour y participer à un synode international. Mgr Sfeir sera reçu à cette occasion en audience privée par le Saint Père et l’entretien portera tout naturellement sur la visite de mai. A la même période, le président du Conseil, M. Rafic Hariri, sera également reçu au Vatican par Jean-Paul II, et il est fort possible qu’il rencontre également à Rome le patriarche maronite. En principe, le pape doit passer 30 heures au Liban et dormir au siège de la nonciature apostolique à Harissa. Il présidera à Bkerké une réunion cléricale catholique générale et il est possible — mais pas encore certain — qu’il accorde audience ensuite à des laïcs, pour des échanges sur la situation locale, politique et autres... Bien entendu, nombre de personnalités ont exprimé le souhait d’accueillir le Saint Père à Bkerké où devraient en outre se rendre en masse nombre de délégations populaires.

Décision lourde de sens

Reste une question: l’opposition chrétienne sera-t-elle autorisée à rencontrer le pape en tant que telle? Les officiels, comme on le devine aisément, ne sont pas très chauds à ce sujet et laissent entendre qu’on ne saurait permettre de voir ainsi «un événement mémorable dénaturé et politisé d’une manière partiale». Ce à quoi les opposants répondent qu’en matière de «partialité, les gens d’en face s’y connaissent et c’est un comble que nous ne puissions même pas nous plaindre de vive voix au chef suprême de notre communauté spirituelle». Bien entendu, il est probable qu’en définitive — et comme le veulent les règles les plus élémentaires — le choix soit laissé à l’auguste visiteur. Sa décision serait lourde de sens: soit, il refuserait d’accorder audience particulière à une fraction plutôt qu’à une autre, pour servir un climat d’entente; soit, estimant au contraire qu’on ne peut refuser sa porte à des laissés-pour-compte victimes d’une flagrante iniquité, il voudra bien entendre l’Est... Il y a toujours moyen, cependant, de trouver un moyen terme: pas d’audience privée, mais la possibilité pour un porte-parole tiré de la foule d’exprimer quelques réalités connues et néanmoins pénibles... Toujours à Bkerké, Jean-Paul II doit y célébrer en principe une messe en plein air, comme à son accoutumée lors de ses voyages à l’étranger. Il pourrait en célébrer une autre dans un site vaste, comme le stade de Bourj Hammoud ou sur la future grande place de Dbayé actuellement en travaux.
Du côté officiel, le Saint Père va visiter Baabda où toute la République sera rassemblée autour du chef de l’Etat et des principaux dirigeants pour l’accueillir.

Ph. A.-A.
Reportée à deux reprises par le passé, la visite du Pape pourra-t-elle avoir lieu cette fois à la date fixée, à savoir en mai prochain? Des sources ecclésiastiques et diplomatiques sont d’accord pour estimer que, s’il n’en tient qu’au Saint Père, il viendrait sûrement car il a souvent exprimé son vif souhait de fouler le sol d’un pays où le Christ se rendait régulièrement. Mais la région est, comme on sait, agitée et il est tout à fait possible que, comme pour les deux tentatives précédentes, des événements viennent rendre impossible la visite papale au Liban. Sans compter que, comme nul ne l’ignore, la santé du Souverain Pontife reste assez chancelante...Cependant, ces mêmes sources précisent que «Jean-Paul II ne veut plus tarder. Il lui faut cette année même prononcer son «exhortation...