Absent des championnats du monde qui se déroulent actuellement à Sestrières, le Luxembourgeois d’origine autrichienne tiendra une conférence de presse lundi pour mettre un point final à une carrière exceptionnelle, a-t-on appris dans son entourage.
Quintuple vainqueur du classement général de la Coupe du monde, détenteur de 13 médailles glanées au fil de six championnats du monde et trois Jeux olympiques, Girardelli s’est bâti, en 17 années de carrière, un palmarès incomparable.
Il était attendu à Sestrières pour défendre son titre de combiné. Peut-être la station italienne lui rappelait-elle de trop mauvais souvenirs.
Girardelli a bien souvent été blessé dans sa carrière, démontrant, à chaque fois, une volonté et un potentiel physique hors du commun pour revenir au plus haut niveau.
Mais à Sestrières, il a été plus malheureux qu’ailleurs. En 1986, il s’y déboîte l’épaule lors d’un slalom et trois ans plus tard, lors d’un Super-G, il frôle la mort dans un terrible accident.
A 33 ans, l’homme aux 46 victoires en Coupe du monde, qui restera comme l’un des plus grands skieurs de l’histoire et l’un des derniers représentants d’une espèce en voie de disparition, les polyvalents, n’était plus que l’ombre de lui-même depuis le début de l’hiver.
Après avoir eu toutes les peines du monde à se qualifier pour la deuxième manche du géant inaugural de Sölden, il prit la 57e place, sur 60 partants, dans la première des deux descentes de Val Gardena, juste avant Noël.
«L’homme bionique»
«Je suis épuisé, je n’ai plus d’énergie quand je termine une course», avait-il confié à l’époque. «Je n’y arrive plus».
Il était ensuite allé consulter des spécialistes à Munich qui avaient diagnostiqué que les seuls ligaments de ses genoux encore épargnés par ses déboires précédents étaient touchés.
Avant le début de la saison, il avait souffert de douleurs au dos et aux reins consécutives à sa chute lors du géant des championnats du monde de l’an dernier en Sierra Nevada.
Girardelli, surnommé «l’homme bionique» en raison de sa capacité à se relever après les chocs les plus violents, a subi 13 opérations majeures en deux décennies.
«Je devrais devenir chirurgien parce que je connais parfaitement chaque muscle et chaque ligament du corps humain», a-t-il dit un jour.
Parce que son père, Helmut, qui a toujours dirigé sa carrière, était en désaccord avec les méthodes d’entrainement pratiquées en Autriche et avec les instances fédérales, Girardelli a recherché une autre fédération pour l’accueillir.
A l’âge de 14 ans, il parvient à un accord avec celle du Luxembourg qui lui délivre deux ans plus tard sa première licence.
Girardelli tourne donc le dos à l’Autriche et devient Luxembourgeois. En fait, il s’est toujours préparé à l’écart de toute structure, couvé par un père attentif.
En mars 1983 à Gallivare, en Suède, il remporte sa première course. Quelques semaines plus tard, il subit son premier accident grave à Lake Louise, au Canada, où il se déchire les ligaments du genou.
«J’avais peur qu’il ne puisse plus jamais skier», se souvient le chirurgien qui l’opéra à l’époque, Richard Steadma. «Il paraissait impossible qu’il refasse un jour de la compétition. C’est l’athlète le plus extraordinaire que j’aie jamais rencontré».

