Le 30 décembre, après des mois de négociations, l’administration avait annoncé un compromis avec l’industrie informatique pour lever des restrictions datant de la guerre froide, qui limitaient la puissance des logiciels de codage autorisés à l’exportation.
Cette question est devenue cruciale avec l’explosion d’Internet et des communications entre ordinateurs sur réseaux. Les éditeurs de logiciels estimaient leur manque à gagner à des milliards de dollars.
Les éditeurs de programmes informatiques sont désormais autorisés au cas par cas à exporter des logiciels plus sophistiqués et plus fiables parce que plus difficiles à déchiffrer.
Ces sociétés doivent toutefois s’engager à montrer dans les deux ans des progrès suffisants dans la mise au point de programmes conçus pour récupérer la clef de codage, destinés à la justice et aux forces de l’ordre.
La justice craint en effet que la mise sur le marché d’outils de codage trop puissants ne l’empêche d’accéder à certaines informations dans le cadre des enquêtes judiciaires.
L’industrie dénonce toutefois encore certaines modalités d’application du compromis.
Le département de la Justice — dont dépend la police fédérale, le FBI — est appelé à jouer un rôle de consultant auprès du département du Commerce pour délivrer les autorisations, ce que les éditeurs de logiciels interprètent comme une trop grande implication de la police dans le processus d’exportation.
Le décret d’application donne également la haute main au gouvernement pour la définition des systèmes de décodage. Les industriels refusent de se voir imposer les technologies avec lesquelles ils travaillent.
Le département du Commerce n’a pas révélé les noms des sociétés autorisées à exporter des logiciels plus puissants. Mais le groupe Digital Equipment a annoncé qu’il pouvait exporter des versions en 56 bits de certains produits connus, comme AltaVista Tunnel.52

