Alors qu’il n’avait rien gagné de la saison, Skaardal a grillé la politesse à tous ses rivaux lors de la première course des championnats du monde 1997.
Comme l’an dernier en Sierra Nevada, le vétéran de 30 ans a mis à profit son expérience pour déjouer les pièges du délicat tracé italien et s’imposer en une minute 29 secondes et 68 centièmes.
Un peu en retrait depuis le début de l’hiver, même si Skaardal s’était signalé par deux deuxièmes places en descente, les Norvégiens se sont taillé la part du lion puisque Lasse Kjus s’est adjugé la deuxième place en 1’29’’89.
Vainqueur du classement général de la Coupe du monde l’an dernier mais handicapé cette saison par des problèmes de santé, Kjus a prouvé qu’il avait recouvré l’intégralité de ses moyens et prévenu qu’il avait recouvré l’intégralité de ses moyens et prévenu qu’il faudrait compter avec lui dans les autres courses programmées à Sestrières.
L’ambitieuse armada autrichienne nourrissait beaucoup d’espoirs, d’autant plus que la piste avait été dessinée par son entraîneur. Elle a dû de se contenter de la troisième place du vénérable Günther Mader, 32 ans, avec un chrono de 1’30’’01.
Skaardal incrédule,
Alphand philosophe
Les trois hommes qui composent le podium du Super-G avaient déjà été médaillés en Sierra Nevada et on les retrouvera certainement avant la fin de la compétition puisque Mader et Kjus sont de véritables polyvalents tandis que Skaardal est d’abord un descendeur.
Son profil n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui du Français Luc Alphand, qui a accueilli avec philosophie sa 12e place dans le Super-G et s’est dit impatient de prendre le départ de la descente de dimanche.
«Ce n’était pas une course pour moi», a-t-il dit. «Mais en descente, les autres me craignent toujours autant».
Skaardal était quelque peu incrédule dans l’aire d’arrivée. «Si c’est vrai, si ce n’est pas un rêve, je risque de ne pas m’en remettre», a-t-il dit.
«J’étais plutôt décontracté et ça a dû m’aider à être agressif», a ajouté le Norvégien, qui a pris tous les risques alors que nombre de ses adversaires, dont Luc Alphand, ont trop pensé à soigner leurs trajectoires.
«C’est un grand jour», s’est réjoui l’entraîneur norvégien, Jan Ove Nystuen. «Les deux (Norvégiens) étaient moins tendus que les autres. Atle avait déjà gagné un titre et Lasse n’avait rien à perdre».
Atle Skaardal a longtemps été malheureux lors de championnats du monde. Jusque l’an dernier, son bilan se résumait à une médaille d’argent en descente en 1993 à Morioka, au Japon, où le Super-G avait été annulé en raison de mauvaises conditions météorologiques.
Le Norvégien n’aura pas le temps de savourer son succès puisqu’il rechaussera les skis dès mardi pour le premier entraînement de la descente.
Classement
du Super-G
Voici le classement du Super-G messieurs des championnats du monde de ski disputé lundi à Sestrières (longueur de la piste: 2.325 mètres, dénivellation: 650 mètres, 45 portes):
1. Atle Skaardal (Nor) une minute 29’’68 secondes
2. Lasse Kjus (Nor) 1’29’’89
3. Guenther Mader (Aut) 1’30’’01
4. Hans Knauss (Aut) 1’30’’07
5. Josef Strobl (Aut) 1’30’’19
6. Luca Cattaneo (Ita) 1’30’’29
7. Kristian Ghedina (Ita) 1’30’’32
8. Kjetil-Andre Aamodt (Nor) 1’30’’38
9. Peter Runggaldier (Ita) 1’30’’41
10. Christian Mayer (Aut) 1’30’’77
11. Stefan Krauss (All) 1’30’’80
12. Luc Alphand (Fra) 1’30’’84
13. Werner Perathoner (Ita) 1’30’’92
14. Bruno Kernen (Sui) 1’30’’95
15. Andrej Filischkin (Rus) 1’31’’02

