«Interrogez des gens dans la rue: personne ne sait exactement à quoi correspond cette profession», souligne la présidente, Nicole Spitz.
Fréquemment confondues avec les nurses ou les dames de compagnie, les gouvernantes générales gèrent, dirigent, forment le personnel et surtout accèdent aux souhaits des clients, même les plus exigeants ou fantasques.
Elles sont capables de satisfaire aussi bien la «star» américaine, pour laquelle il fallut aménager une salle de musculation dans sa suite de l’hôtel de Paris, à Monaco, que le prince arabe exigeant un manège pour son fils dans ses appartements.
Un lancer de centaines de ballons dans les couloirs du Négresco à Nice a été réalisé sur demande, en une petite heure, mais, précise Nicole Spitz, «cela a été facilité car nous étions en pleine période de carnaval». L’une d’elles a cependant dû décevoir un client qui souhaitait fleurir sa suite, hors saison, de tulipes. «Nous avons téléphoné aux Pays-Bas, en vain».
Qu’il s’agisse d’ordonnancer 4.600 mètres ou de superviser les chambres d’un hôtel de luxe, les gouvernantes générales règnent sans partage sur leur personnel. Les qualités premières, selon elles, «sont d’avoir une santé de fer et une grande psychologie».
Cette profession est confrontée à des problèmes de recrutement. Ses représentantes, au tailleur strict, entendent convaincre les jeunes de les rejoindre par l’apprentissage. Les salaires restent relativement faibles: elles sont rémunérées au salaire minimum, ou jusqu’à 25.000 francs (5.000 dollars) en fin de carrière. Certaines d’entre elles gagnent moins que les femmes de chambre, rétribuées au pourcentage sur la note d’hôtel réglée par le client.
Ce bastion féminin est aujourd’hui attaqué: des hommes ont ouvert une brèche. «Une très bonne chose», assure Mme Spitz, qui ne désespère pas que les «gouvernantes» trouvent un titre moins suranné.

