L’ambassadeur d’Iran à Ankara, Mohammad Reza Bagheri, avait déclaré que «la victoire appartiendra à l’islam dans le monde entier», lors d’une soirée organisée vendredi «pour Jérusalem» par le maire islamiste de Sincan (banlieue d’Ankara), Bekir Yildiz.
Les partisans de la «charia» «ne doivent pas avoir peur d’être appelés «fondamentalistes» par d’autres (…). Ils sont les fidèles, dotés du plus grand rationalisme», avait dit M. Bagheri, parlant devant des affiches représentant des leaders du Hezbollah et du Hamas, mouvements intégristes islamiques pro-iraniens.
«C’est horrible», a déclaré le ministre de la Défense Turhan Tayan, membre du Parti de la juste voie (DYP, droite), partenaire du Parti de la prospérité (Refah) de M. Erbakan au sein de la coalition.
«Ici, c’est la République de Turquie et je crois que les procureurs de la République feront le nécessaire», a-t-il ajouté, critiquant le maire, membre du Refah.
«Le maire doit être destitué», a déclaré pour sa part le ministre de la Santé Yildirim Aktuna, membre du DYP. «L’Etat (turc) a ses propres règles et chacun, qu’il soit Turc ou étranger, doit les respecter», a-t-il ajouté.
«Soit les organisateurs, soit les orateurs ont dépassé les bornes», a dit le chef du Parlement turc Mustafa Kalemli.
L’ancien ministre des Affaires étrangères et chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), Deniz Baykal a appelé la diplomatie turque à «donner une réponse adéquate à l’ambassadeur iranien».
Le ministre de l’Intérieur Meral Aksener (DYP) a pour sa part annoncé l’ouverture d’une enquête à propos de la réunion.
Un porte-parole de l’ambassade d’Iran a indiqué de son côté «ne pas comprendre les réactions» aux propos de l’ambassadeur, qui visaient, selon lui, «la paix entre Israéliens et Palestiniens».

