Un responsable du Mouvement pour l’indépendance du Sud Soudan (SSIM) de Riek Machar, qui a signé le 10 avril 1996 un accord de paix avec Khartoum, a affirmé que la SPLA avait lancé des opérations dans l’extrême-sud de l’Etat du Nil Bleu et dans l’Etat du Haut Nil, notamment la région d’Akobo tenue par le SSIM, près de la frontière éthiopienne.
Le responsable du SSIM (issu d’une scission de la SPLA en 1991) Ryak Guy a indiqué que ses forces ont «expulsé de l’autre côté de la frontière», les forces de la SPLA qui avaient également attaqué Ayod, Ewe et Waat, dans l’Etat du Haut Nil, à 200 km à l’ouest de la frontière éthiopienne et à 800 km au sud de Khartoum, sans préciser la date de ces affrontements.
Il a ajouté que la SPLA avait massé des troupes dans la ville éthiopienne de Gambela pour attaquer la localité soudanaise de Jekaw, dans l’Etat du Haut Nil, distante de 100 km. Il a ajouté que l’Ethiopie était hostile au Soudan «car elle a peur de son orientation islamique» et l’Erythrée «avait des ambitions territoriales».
M. Guy a précisé que ses forces avaient rejoint celles du gouvernement «en accord la charte politique» conclue avec le gouvernement en avril qui stipule que les signataires doivent défendre le territoire soudanais «contre des agresseurs intérieurs et étrangers».
Par ailleurs, selon le quotidien officiel al-Engaz al-Watani, Riek Machar a confirmé lors d’une réunion à Melut, à 550 km au sud de Khartoum, sur le Nil Blanc, où il recevait des provisions venues de Khartoum, que ses troupes avaient rejoint celles du gouvernement pour la défense du Soudan.
Le premier vice-président Al-Zubair Mohamed Saleh, qui assistait à cette réunion, a affirmé pour sa part que «le moment de la bataille décisive approche».
Le SSIM est principalement soutenu par la tribu des Nuer tandis que la SPLA, dirigée par John Garang, est solidement implantée chez les Dinka.

