«Je voudrais souligner que nous sommes soucieux de préserver l’unité du Soudan», a déclaré le colonel Garang qui est également le chef du commandement conjoint des forces de l’Alliance nationale démocratique (AND, rassemblement de l’opposition nordiste et sudiste).
C’est la première fois que John Garang se dit ouvertement favorable à l’unité du Soudan depuis que la guérilla a fait du droit à l’autodétermination du Sud sa principale revendication en 1994.
Le colonel Garang a affirmé que l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) qu’il dirige «est attachée à l’unité du Soudan, mais cette unité doit être établie sur de nouvelles bases, à savoir la justice sociale et la tolérance religieuse».
«Je voudrais assurer l’Egypte et le monde arabe que ni l’unité du Soudan ni l’islam ni la culture arabe ne sont en danger en raison de la guerre actuelle» entre le gouvernement soudanais et l’opposition.
«L’AND, a-t-il ajouté, œuvre pour un nouveau Soudan basé sur la reconnaissance de la diversité ethnique car il existe plus de cent ethnies dans notre pays et il faut que tous les Soudanais bénéficient du droit de citoyenneté sans discrimination ethnique».
Interrogé sur son acceptation de la médiation proposée par le président des Emirats arabes unis, cheikh Zayed Ben Sultan al-Nahyane, pour mettre fin aux combats au Soudan, le colonel Garang a refusé de répondre, laissant toutefois entendre qu’il était peu enthousiaste pour une telle initiative.
«Si la direction de l’AND accepte cette médiation, je ferai alors savoir ma position, mais dans le passé, l’AND a refusé de négocier avec le régime soudanais car il manque de crédibilité et il vaut mieux le renverser», a-t-il dit.

