Klaus Schwab, fondateur et président du forum de Davos, a indiqué à l’AFP que la globalisation a des effets négatifs, et «qu’il s’agit désormais de trouver un nouvel équilibre entre la compétitivité économique et la responsabilité sociale».
«Je suis d’accord avec l’idée française de l’exception culturelle». «Je suis d’accord avec l’idée que le mouvement de mondialisation en cours menace par exemple les pratiques sociales et religieuses, les normes culturelles des pays particulièrement en Orient. Cette région du monde perçoit le mouvement de mondialisation comme une occidentalisation, qui exacerbe en fait les intégrismes».
La France avait imposé en 1994 dans le cadre des négociations économiques internationales l’idée de «l’exception culturelle». Il s’agissait alors d’exclure les œuvres audiovisuelles de l’ensemble des négociations portant sur la libération des échanges de biens et services, c’est-à-dire essentiellement la suppression de tarifs douaniers.
«Il faut aujourd’hui prendre des mesures de protection de la culture de toutes les communautés qui se recréent, en parallèle à l’internationalisation de l’information», selon lui.
La mondialisation, désormais accomplie en tout cas aux niveaux financier et de la circulation de l’information, appelle d’autres réponses encore, selon les organisateurs du forum de Davos.
La France à cet égard est moins bien placée que l’Allemagne, à titre d’exemple, pour faire face aux nouveau défis, selon M. Schwab.
La mondialisation doit s’accompagner d’«un retour vers le local» que la centralisation française rend difficile, selon lui.
Par comparaison avec son voisin d’Outre-Rhin, la France est aussi défavorisée du fait que la réunification en Allemagne a rappelé «le sens du sacrifice aux citoyens allemands».
«Les Allemands ont vu leur niveau de vie remis en question, et ont sans doute gagné en flexibilité. Ils sont sans doute mieux armés que les Français face à la mondialisation».
«Je ne veux pas juger le degré de flexibilité de la société française».

