Friedman, 22 ans, envisageait en outre de voler un véhicule blindé de transport de troupes dans sa base pour mitrailler des Palestiniens dans un village proche de Jérusalem, selon les premiers résultats de l’enquête.
Mais un porte-parole militaire a exclu vendredi qu’il ait disposé de complices. «L’interrogatoire du tireur par le service de sécurité intérieure (Shin Beth) a établi qu’il avait agi seul», a indiqué le porte-parole.
Friedman a été livré à la police militaire pour la poursuite de l’enquête indique-t-on de même source.
Sa garde à vue a été prolongée jeudi de dix jours par le tribunal de Petah Tikva, près de Tel-Aviv, saisi de l’affaire.
La cour a prolongé par la même occasion de quatre jours la garde à vue d’un autre soldat, Youval Djibri, 21 ans. Ce camarade de Friedman, également très pieux, sert dans la même unité que lui.
Il est accusé de n’avoir rien fait pour empêcher l’attentat alors qu’il aurait été mis dans la confidence.
Un troisième soldat de la même base, qui avait tiré en l’air en apprenant l’attentat, a été interrogé par la police militaire, mais n’a pas été placé en détention, a indiqué la radio publique israélienne.
Après son arrestation, Friedman a affirmé ne pas regretter son acte qui visait à empêcher la conclusion d’un accord sur un retrait israélien de la majeure partie de Hébron, en Cisjordanie. Sa famille l’a publiquement désavoué.
En sortant de l’audience, il a protesté à haute voix contre le fait d’être «jugé par une femme et par un tribunal civil» au lieu d’être jugé par des rabbins.
En 1984, un réseau terroriste anti-arabe avait été démantelé par les services de sécurité israéliens alors qu’il s’apprêtait à faire sauter la mosquée Al-Aqsa.
L’Esplanade, qui constitue le troisième lieu saint de l’Islam après la Mecque et Médine en Arabie Séoudite, est située à l’emplacement du Temple de l’époque de la Bible, que des extrémistes juifs veulent reconstruire.
• Une forte majorité d’Israéliens soutient un accord avec les Palestiniens sur un redéploiement de l’armée israélienne à Hébron, selon un sondage publié vendredi par le quotidien Maariv.
55% des personnes interrogées au sein de la seule population juive sont en faveur d’un redéploiement, 27% sont contre et les autres 18% n’ont pas exprimé d’opinion.
Le sondage montre que de plus en plus d’Israéliens sont favorables à un accord sur Hébron, qui se heurte à l’opposition des colons et d’une partie de la droite.
Il a été effectué mercredi, quelques heures après un attentat à l’arme automatique perpétré par un soldat israélien sur un marché de Hébron, qui a fait six blessés parmi les civils palestiniens.
En mai dernier, juste avant les élections israéliennes, 48% des personnes interrogées étaient contre le redéploiement et seulement 41% pour.
Les deux sondages ont été effectués par l’Institut Gallup sur un échantillon représentatif de 500 personnes au sein de la population juive. Il comporte une marge d’erreur de 4%.
Au sein des Arabes Israéliens qui représentent près de 20% de la population globale, l’appui à l’accord est encore plus net.

