L’un des leaders de l’opposition, Vuk Draskovic, a appelé les écoliers à boycotter les cours. «A partir de demain, il est honteux d’aller à l’école», a lancé le président du Mouvement serbe de renouveau (SPO).
Les enseignants ont déclenché depuis mardi un mouvement de grève dans les écoles de Serbie.
A l’adresse des centaines de policiers casqués déployés dans le centre-ville qu’il a traités d’«étrangers et d’occupants», Vuk Draskovic s’est écrié: «Policiers, retirez-vous des rues de cette ville».
Il s’en est également pris à l’armée lui reprochant sa neutralité. «L’armée doit défendre la souveraineté du pays et celle-ci s’appuie sur celle du citoyen qui s’exprime aux élections», a-t-il souligné.
Venus de tous les quartiers de Belgrade, les cortèges des manifestants avaient convergé dans un bruit infernal vers la place de la République où depuis plus de deux mois, les leaders de l’opposition galvanisent leurs troupes.
Sifflets, cornes de brume, bidons, poêles à frire, couvercles de casserole tout est bon pour les Belgradois qui couvrent chaque soir de leur vacarme la diffusion du journal télévisée par la télévision du régime.
«Ceux qui s’efforcent d’épuiser, de faire peur et de battre ce peuple commettent une grave erreur s’ils pensent qu’ils pourront le faire encore longtemps», a averti Vuk Draskovic.
L’opposition manifeste depuis 71 jours à Belgrade et dans les principales villes de Serbie pour obtenir la reconnaissance de toutes ses victoires aux élections municipales du 17 novembre.
«Il faut d’abord que le pouvoir reconnaisse les résultats des élections, entame un dialogue, des réformes et la réconciliation sinon nous changerons de ton», a prévenu M. Draskovic. L’opposition s’est jusqu’ici attachée à maintenir le caractère pacifique de son mouvement.
«Le pouvoir nous a marché dessus, humiliés, je tiendrai jusqu’à la fin», assurait une élégante en chapeau et manteau bleu. «En 1990, j’ai voté pour Milosevic car je croyais qu’il en finirait avec le communisme, il nous a trompés», ajoutait cette dentiste alors que les supporters du club de football de Belgrade, l’Etoile Rouge, hurlaient à ses côtés.


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