Un rapport de la Maison-Blanche transmis mardi soir au Congrès envisage en effet d’apporter une aide de 4 à 8 milliards de dollars en six ans à une transition démocratique mais exige au préalable le départ du pouvoir de Fidel Castro et de son frère Raùl.
Le texte réclame en outre le démantèlement du ministère de l’Intérieur et l’engagement d’organiser des élections supervisées par des observateurs internationaux dans les 18 mois.
L’idée de la «participation», voire du «pilotage» d’une transition démocratique par Fidel Castro en personne est défendue notamment par le dissident Elizardo Sanchez Santa-Cruz au nom «des milieux dissidents favorables au dialogue et à la réconciliation».
Au cours d’une véritable «tournée» en Europe entamée en décembre, il a déjà pu exposer ses idées sur un passage «en douceur» à la démocratie au président français Jacques Chirac, au président du gouvernement espagnol Jose Maria Aznar et au président du conseil italien Romano Prodi, notamment.
Considéré comme le plus ancien «dissident de l’intérieur», M. Sanchez Santa-Cruz a passé plus de huit ans en prison ou en camp de réhabilitation par le travail sous les accusations d’«activités contre-révolutionnaires» ou de «propagation de fausses informations».
La présidence américaine s’aligne en revanche sur la position des secteurs les plus intransigeants de l’émigration anticastriste basée aux Etats-Unis. Pourtant, depuis la réélection du président Bill Clinton de nombreuses voix se sont élevées aux Etats-Unis mêmes pour demander un assouplissement de la politique américaine vis-à-vis de Cuba.
Après une visite de travail à La Havane, un groupe d’anciens membres du Congrès – avec la participation de deux parlementaires en exercice – a plaidé au début de l’année pour une «révision» de la politique américaine à l’égard de l’île.
L’ancien président américain Jimmy Carter, tout comme les milieux d’affaires américains ont également condamné récemment à plusieurs reprises l’embargo imposé à Cuba depuis 34 ans, ainsi que la loi Helms-Burton qui entend le renforcer pour faire plier le régime castriste.
Cette loi, qui prévoit des sanctions contre les entreprises étrangères faisant des affaires à Cuba en utilisant des biens ayant appartenu à des Américains, s’est heurtée à l’opposition des principaux partenaires économiques des Etats-Unis, au premier rang desquels le Canada, le Mexique et l’Union européenne.
Cette intransigeance de Washington ne semble en définitive avoir d’égale que celle affichée par Fidel Castro. Le leader cubain a clamé récemment que «la transition démocratique à Cuba a eu lieu en 1959»... lors de son arrivée au pouvoir. De même, le rapport de la Maison-Blanche a été l’occasion pour lui de dénoncer «les Américains qui veulent acheter» Cuba.

