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Actualités - Chronologie

Controverse sur le traitement des délinquants sexuels

WASHINGTON, 30 Janvier (AFP). — Faut-il libérer un délinquant sexuel après sa peine de prison, l’interner, le castrer, ou limiter de façon draconienne sa liberté? Aux Etats-Unis, le débat fait rage, les législations et les expériences se multiplient.
En début de semaine, un violeur multirécidiviste a été libéré à College Place, petite localité de l’Etat de Washington (nord-ouest) à la valeur d’une nouvelle expérience: Joseph Aqui, 44 ans, ayant reconnu 15 viols, avait passé seize ans en prison, et trois ans dans un centre spécialisé pour les délinquants sexuels, en vertu d’une loi votée en 1990 dans cet Etat.
Elle oblige les délinquants sexuels jugés les plus dangereux à rester dans ce centre pour y suivre un traitement, une fois purgée leur peine de prison. Ils ne peuvent en sortir que sur décision judiciaire.
Aqui est le premier à sortir de ce centre qui héberge 44 autres délinquants sexuels et sa libération ne ressemble en rien à la liberté: il ne peut ni conduire, ni boire d’alcool, et porte 24 heures sur 24 un système électronique qui alerte les autorités dès qu’il quitte la propriété familiale.
Ces dernières années, six autres Etats ont adoptés des lois similaires permettant de garder dans des établissements spécialisés les délinquants sexuels.
Ailleurs, les condamnés pour crime sexuel sont libérés sous contrôle draconien: au Texas, Larry Don McQuay, pédophile de 32 ans libéré au printemps, a été placé dans un établissement surveillé. Il lui est interdit de conduire, de téléphoner, de s’approcher des parcs et écoles, de travailler dans les domaines qui le mettrait en contact avec des enfants et doit signaler à tout éventuel employeur son passé criminel.

La «loi Megan»

Au niveau national, le président Clinton a signé au printemps une loi dite «loi Megan» obligeant les autorités locales à prévenir le public lorsqu’un délinquant sexuel libéré de prison s’installe dans une localité. La «publicité» autour de cette installation peut aller jusqu’au porte-à-porte, par la police, pour prévenir les voisins.
Cette loi porte le nom d’une fillette du New Jersey, Megan Kanka, enlevée, violée et tuée en juillet 1994 par un délinquant récidiviste qui s’était installé peu avant dans sa rue.
Le président a également annoncé l’été dernier la création d’un fichier national informatisé des délinquants sexuels, qui y sont fichés dès leur sortie de prison.
La Californie, traumatisée il y a trois ans par le viol et le meurtre sordide d’une fillette de 12 ans, Polly Klaas, est encore allée plus loin dans l’arsenal juridique: elle a voté en août une loi imposant la castration chimique ou chirurgicale des pédophiles récidivistes, loi à l’étude dans plusieurs autres Etats.
Une ligne téléphonique existe également depuis juillet 1995 permettant à quiconque justifiant de son identité de savoir si une personne est fichée comme délinquant sexuel. Chaque commissariat de police dispose aussi d’un album contenant les photos des pédophiles les plus dangereux, que le public peut consulter.
Mais la multiplication de ces lois fait l’objet de nombreux recours devant les tribunaux, les défenseurs des libertés estimant qu’elles font de condamnés ayant purgé leur peine des coupables à vie, et les livrent à la vindicte populaire sans réinsertion possible.
La Cour suprême a été saisie début décembre sur la constitutionnalité des lois permettant d’enfermer les délinquants sexuels après leur peine de prison. Son jugement, qui devrait faire jurisprudence dans l’ensemble des Etats-Unis, est attendu avant l’été.
WASHINGTON, 30 Janvier (AFP). — Faut-il libérer un délinquant sexuel après sa peine de prison, l’interner, le castrer, ou limiter de façon draconienne sa liberté? Aux Etats-Unis, le débat fait rage, les législations et les expériences se multiplient.En début de semaine, un violeur multirécidiviste a été libéré à College Place, petite localité de l’Etat de Washington (nord-ouest) à la valeur d’une nouvelle expérience: Joseph Aqui, 44 ans, ayant reconnu 15 viols, avait passé seize ans en prison, et trois ans dans un centre spécialisé pour les délinquants sexuels, en vertu d’une loi votée en 1990 dans cet Etat.Elle oblige les délinquants sexuels jugés les plus dangereux à rester dans ce centre pour y suivre un traitement, une fois purgée leur peine de prison. Ils ne peuvent en sortir que sur décision...