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Actualités - Chronologie

La génération des années soixante au pouvoir à Washington

WASHINGTON, 29 Janvier (AFP). — Une nouvelle génération, formée sur le plan politique lors des turbulentes années 60, a pris le pouvoir aux Etats-Unis, écartant peu à peu les témoins et acteurs de la Seconde Guerre mondiale et de la période la plus sombre de la guerre froide.
La composition du deuxième cabinet de Bill Clinton, en cours d’approbation par le Sénat, en témoigne. Beaucoup de ses membres, âgés aujourd’hui d’une cinquantaine d’années, comme William Cohen (56 ans). Madeleine Albright (59 ans), avaient à peine la trentaine en 1968. Cette année-là, sur 22 membres du cabinet actuel, 9 avaient vingt ans ou moins (William Daley au Commerce, Federico Pena à l’Energie, etc.).
Les années soixante furent celles d’une intense activité politique et sociale en Amérique, avec la contestation contre la guerre du Vietnam, les manifestations et les émeutes urbaines de la communauté noire, le mouvement féministe.
Bill Clinton avait ouvert la marche à ce changement de génération, en devenant président des Etats-Unis en 1992 à l’âge de 46 ans, succédant à George Bush, âgé à l’époque de 68 ans. M. Clinton est le premier président américain né après la Seconde Guerre mondiale, en 1946.
En janvier 1995, Newt Gingrich, 51 ans, remplaçait Thomas Foley, 65 ans, comme «Speaker» (président) de la Chambre des représentants, tout comme Richard Armey, 54 ans, succédait à Robert Michel, 74 ans, comme chef de la majorité républicaine à la Chambre, ou encore Thomas Daschle, 47 ans, qui prenait la place de George Mitchell, 61 ans, comme chef de la minorité démocrate au Sénat.
Et Trent Lott, 54 ans, a succédé en mai dernier à Bob Dole, 72 ans, comme responsable de la majorité républicaine au Sénat.
Avec le retrait politique de Bob Dole, battu lors de l’élection présidentielle de novembre dernier, disparaît la dernière personnalité d’ampleur nationale forgée sur le front de la Seconde Guerre mondiale et qui connut, aux affaires, les grandes crises de la guerre froide des années cinquante et du début des années soixante.

Pragmatisme

Pour plusieurs analystes, ce changement de génération politique fait sentir ses effets, aussi bien sur le plan intérieur que dans le domaine des relations internationales.
Selon Allan Lichtman, de l’Université américaine, à Washington, la nouvelle génération se caractérise par son pragmatisme. «Ils voient davantage les choses en gris, plutôt qu’en noir et blanc» et peuvent avoir «différentes interprétations» sur une même question. Bill Clinton, ajoute-t-il, en est une illustration, avec «les quelques principes larges» sur lesquels il agit.
L’universitaire évoque les dénonciations américaines des violations des droits de l’homme dans le monde dont l’intensité variera en focntion des pays. Washington, relève-t-il, se garde bien de «faire pression trop fort» sur Pékin dans ce domaine, à la différence d’autres pays, comme Haïti, à propos desquels la rhétorique a été beaucoup plus musclée.
La nouvelle génération politique est arrivée au pouvoir à la fin de la guerre froide et pour Charles Hamilton, de l’université Columbia à New York, ses préoccupations portent davantage sur le développement et la compétition économique internationale que sur les «grands adversaires», comme le voulaient les schémas d’analyses lors de la rivalité avec Moscou.
La nouvelle génération, souligne-t-il, est également moins préoccupée par les idéologies.
Dennis Johnson, de l’université George Washington, dans la capitale fédérale, relève pour sa part que les nouveaux dirigeants américains se sont formés politiquement autour de la guerre du Vietnam, alors que leurs aînés se sont formés pendant la Seconde Guerre mondiale, souvent en allant sur le front.
Leur connaissance et leur familiarité avec le phénomène des médias, selon lui, sont aussi beaucoup plus grandes.
WASHINGTON, 29 Janvier (AFP). — Une nouvelle génération, formée sur le plan politique lors des turbulentes années 60, a pris le pouvoir aux Etats-Unis, écartant peu à peu les témoins et acteurs de la Seconde Guerre mondiale et de la période la plus sombre de la guerre froide.La composition du deuxième cabinet de Bill Clinton, en cours d’approbation par le Sénat, en témoigne. Beaucoup de ses membres, âgés aujourd’hui d’une cinquantaine d’années, comme William Cohen (56 ans). Madeleine Albright (59 ans), avaient à peine la trentaine en 1968. Cette année-là, sur 22 membres du cabinet actuel, 9 avaient vingt ans ou moins (William Daley au Commerce, Federico Pena à l’Energie, etc.).Les années soixante furent celles d’une intense activité politique et sociale en Amérique, avec la contestation contre la guerre...